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Le dérèglement climatique va-t-il aussi nous appauvrir? Comment nos habitudes alimentaires vont être bousculées

Le GIEC publie aujourd’hui son nouveau rapport sur le changement climatique. Le premier depuis 7 ans, il était ainsi très attendu.

Le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ce sont des centaines d’experts de tous les pays qui analysent depuis plus de trente ans le changement climatique. Ce nouveau rapport, le premier depuis 2014, va proposer plusieurs scenarios de réchauffement à l’horizon des prochaines décennies, en fonction des efforts que l’homme sera capable de faire pour limiter le réchauffement.

Mais dans tous les cas il est certain qu’on verra se multiplier au cours des prochaines années les épisodes de sécheresse extrême, de canicules, et donc les incendies d’un côté, les précipitations et les inondations de l’autre, parfois aux mêmes endroits.

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Ces dérèglements du climat vont avoir d’énormes impacts économiques

Il faut rappeler que 70% de l’activité économique, celle des entreprises, celle des consommateurs, dépend des conditions météo. C’est vrai au quotidien dans nos choix de consommation. Au-delà de 25°C, chaque degré supplémentaire entraîne une hausse de 5% à 7% des ventes de bière, de rosé ou de gaspacho. On n'a pas les mêmes activités: on fréquente moins les centre villes, davantage les centres commerciaux et les cinémas.

Les produits dans les rayons ne seront plus disponibles dans les mêmes conditions et aux mêmes prix. Une étude menée aux États-Unis montre qu’une journée avec des températures approchant les 40 °C pourrait conduire à une réduction de 7% des rendements du maïs. A peu près les mêmes résultats sur le blé en France. Donc des produits agricoles plus chers.

En 2003, +20% pour les fruits et légumes en septembre. Des produits comme les tomates d’Espagne, le café du Brésil et de plusieurs pays africains, les olives d’Italie, seront demain des produits introuvables. Les vins français ne seront plus les mêmes non plus...

Le changement climatique au final va-t-il nous appauvrir?

Globalement oui ! Si l’on en croit les économistes du MIT, qui ont observé 40 ans de stats, la productivité baisse environ de 1,5 à 1,7% par degré supplémentaire au-delà de 15°. Si la canicule dure, au point d’élever la température moyenne annuelle de 1°, le revenu par tête baisse de 1 à 2%.

Cela pénalise beaucoup de secteurs : le BTP et les transports, la sylviculture, l’agriculture on l’a déjà dit… Un des seuls impacts positifs : l’énergie au sens large, de la production d’électricité aux climatiseurs malgré des coupures, à cause de la clim notamment et aux vendeurs de ventilateurs. RTE estime que chaque degré au-dessus des températures de saison se traduit par une hausse de la consommation de 500 MW, soit la consommation de Bordeaux. Mais c’est pas le but !

Emmanuel Lechypre (avec J.A.)