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Le gouvernement prononce "la fin progressive" de la présence d'animaux sauvages dans les cirques provoquant l'ire des professionnels

La décision du gouvernement d'interdire à terme les animaux sauvages dans les cirques provoquent l'ire des professionnels animaliers. De l'autre côté, les associations de défense des animaux se félicitent.

La présentation d'animaux sauvages dans les cirques itinérants va être progressivement interdite en France, a annoncé mardi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. Concrètement, la fin des animaux sauvages dans les cirques itinérants se fera "dans les années qui viennent", a dit la ministre, sans donner de délai précis. "Mettre une date ne résout pas tous les problèmes, je préfère mettre en place un processus pour que ça arrive le plus vite possible".

Une décision qui satisfait les défenseurs des animaux: "Dans les cirques, les fauves sont emprisonnés à vie. Ils naissent entrent les barreaux, ils sont asservis pour être dressés et faire des numéros qu’ils ne feraient pas spontanément", assurait plus tôt ce mardi sur RMC Amandine Sanvisens, de l'association Paris Animaux Zoopolis.

"Ils sont transportés de ville en ville par camion et cela ne correspond pas du tout aux besoins fondamentaux des fauves parce qu’ils ont le même patrimoine génétique que leurs congénères en liberté, ça veut dire qu’ils ont les mêmes besoins qu’eux", ajoute-t-elle.

"Il n'y a pas d'abus, les normes sont tellement draconiennes"

De l'autre côté, on ne cache pas sa frustration: "Tout est réglementé dans un cirque. Il y a le certificat de capacité pour le soigneur des animaux qui nécessite cinq ans de formation pour le passer. On a un droit d’ouverture donné par le préfet de notre région qui stipule que les cages et la détention respectent la réglementation. Je trouve lamentable qu’on puisse vouloir faire éteindre ce métier", fulmine Solovich Dumas, directeur du cirque de Rome.

"J'en ai marre d'entendre n'importe quoi sur les soit disant petits cirques qui s'occupent mal de leurs animaux", ajoute sur RMC Frédéric Edelstein, dompteur de fauves et ancien directeur du cirque Pinder. "On aime les animaux au cirque. Leur enlever les animaux c'est leur couper un bras (...) Il n'y a pas d'abus, les normes sont tellement draconiennes qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. J'en ai marre qu'on détruise mon métier et que l'on détruise toute ma vie".

Concernant le devenir de ces animaux (il y a par exemple quelque 500 fauves dans les cirques français selon la profession), "des solutions vont être trouvées au cas par cas, avec chaque cirque, pour chaque animal", a assuré la ministre, soulignant que ces animaux ne pourront évidemment pas être "remis en liberté".

Guillaume Dussourt avec AFP