RMC

Les réseaux sociaux favorisent-ils la maltraitance animale? Le cri d'alarme du président de la SPA

Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, était l'invité de RMC ce mardi matin et trouve que les réseaux sociaux "facilitent" la cruauté envers les animaux, et trouve que la justice est souvent trop clémente dans les cas de maltraitance.

"On ne sait pas ce qui l'emporte de la cruauté ou de la connerie mais c'est vraiment incompréhensible". Les cas de maltraitance animale se multiplient et les réseaux sociaux ne seraient pas totalement étrangers à ce phénomène.

Tout dernier exemple à Laval. Vendredi dernier, le tribunal a condamné un homme de 47 ans à 3 mois de prison avec sursis et 400€ d’amende pour avoir filmé son chien en train de dévorer des chatons.

Lundi soir dernier, près de Metz, les policiers ont interpellé un homme qui venait de poignarder son propre chihuahua sur la table de cuisine de son père. Le jugement a été mis en délibéré.

Le 19 février, s’ouvrira un autre procès dans l’Orne. Un homme est soupçonné d’avoir ligoté 5 chiens avec des cordes, accrochés à des parpaings, avant de les noyer dans les douves du château de Flers.

"N'importe qui peut publier n'importe quoi. Cela favorise aussi bien la violence que l'anonymat"

Tous ces faits sont punis par la loi: jusqu’à 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende pour acte de cruauté envers un animal domestique. Mais les condamnations restent rares ou pas assez sévères selon la SPA.

Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, était l'invité de Bourdin direct ce mardi matin sur RMC pour évoquer cela, et estime logiquement que les condamnations récentes ne sont "pas assez sévères".

"Autant le parquet nous aide sur les saisies et les poursuites. Autant on est désabusés par cette décision (à Laval comme évoqué plus haut), 3 mois avec sursis et 400 euros c'est le prix d'une infraction pour vitesse excessive. Ce n'est vraiment pas sérieux et un mauvais signe."

Le président de la SPA regrette que les réseaux sociaux "facilitent" la multiplication de ce genre d'actes cruels.

"Ca les facilite. On ne sait pas ce qui l'emporte de la cruauté ou de la connerie mais c'est vraiment incompréhensible. On est dans une société qui apparaît quand même comme extrêmement violente. N'importe qui peut publier n'importe quoi. Cela favorise aussi bien la violence que l'anonymat. Il y a une augmentation de la maltraitance visible."

"J'ai beaucoup de bénévoles qui vont dans les écoles pour dire aux jeunes qu'un animal ce n'est pas un jouet"

10.000 signalements de maltraitance ont été réalisés en 2018 et grâce à 700 enquêteurs sur le terrain la SPA pour vérifier si la maltraitance est avérée pour ensuite saisir la police et la justice si besoin est. Mais Jacques-Charles Fombonne aimerait que les procédures soient simplifiées. "Il faudrait que le législateur simplifie les peines pénales, car c'est compliqué entre le code pénal et le code rural."

Selon lui, l'inversion de cette triste tendance passera également par l'éducation. 

"J'ai déjà beaucoup de volontaires, beaucoup de bénévoles qui vont dans les écoles pour leur dire qu'un animal ce n'est pas un jouet et que ce n'est pas quelque chose qu'on poste sur internet quand on lui fait mal. Puis on va même à l'école national de la magistrature à Bordeaux, donc j'ai bon espoir que les magistrats prennent en compte cette maltraitance animale qui est un vrai problème."
James Abbott