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Influence, pouvoir, financements... Ce qu'il faut savoir du GIEC qui a rendu un rapport explosif sur le climat

EXPLIQUEZ-NOUS - Le rapport des experts du Giec a l'effet d'une bombe. Le président de la COP26, le ministre britannique, Alok Sharma, le présente comme "l'avertissement le plus sévère jamais lancé sur le rôle du comportement humain dans le réchauffement de la planète".

Au départ le GIEC c'est une trouvaille nécessaire des Etats pour la survie de notre planète, à l'arrivée, son travail en fait la cible préférés des climatosceptiques. C'est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, un organe scientifique, créé en 1988 par le programme des Nations Unies pour l'environnement et par l'Organisation météorologique mondiale.

C'est donc, pour le monde démocratique, la référence sur la santé de notre planète. Sous forme de groupes de travail, ils traitent les éléments scientifiques de l'évolution du climat, envisagent l'adaptation, évaluent la vulnérabilité de nos modes de vie, se penchent sur l'atténuation du changement climatique. Le GIEC réalise aussi des inventaires pour chaque nation concernant l'émission des gaz à effets de serre.

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Un vrai pouvoir au service de la préservation de la planète ?

Non dans le principe. Son rôle est uniquement d'évaluer les données. Il ne prend aucune décision mais fait des recommandations aux Etats participants. La matérialisation de son action, ce sont les fameux rapports aux milliers de pages. Pas toujours facile à lire en entier. Le GIEC sort ce lundi son 6e volumineux rapport depuis 1990. A chaque fois, des milliers de scientifiques sont sollicités pour la plupart à titre bénévole.

Du coup, le pouvoir du GIEC repose essentiellement sur sa force de conviction et sur la qualité de sa communication . Et la communication autour de ce 6e rapport est, le moins qu'on puisse dire, foudroyante.

Que dit ce rapport?

"Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre deux ans, cinq ans, 10 ans, nous nous rapprochons dangereusement du moment où ce sera trop tard", a déclaré Alok Sharma. "L'année dernière a été la plus chaude jamais enregistrée".

Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà évidentes, les inondations, les incendies de forêt, les températures record... Une des questions centrales est la capacité du monde à limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C. Et c'est mal parti.

Mais comme les délégués des 195 pays membres ont approuvé vendredi dernier, les nouvelles prévisions de ce rapport, nous pouvons donc espérer que sa parution soit suivie de décisions fortes.

La parution des précédents rapports n'a pas de toute évidence inversé la tendance du réchauffement de la planète ?

L'action du GIEC tout d'abord est reconnue. Avec pour symbole l'obtention du Prix Nobel de la paix 2007, en association avec l'ex-vice président des Etats-Unis, Al Gore, pour leur œuvre au service de notre planète. Mais c'est vrai que la question de son efficacité se pose. Par exemple, au moment de la publication du 5e rapport, en 2014, entre 24 et 42 gouvernements ont daigné plancher sur sa validité, en revanche il a nécessité des centaines d'experts et des milliers d'observations. Une vraie usine à gaz.

Le GIEC compulse les documents scientifiques existant partout dans le monde et laisse les Etats se débrouiller pour décider.

Les climatosceptiques s'en donnent à cœur joie

L'ex-président américain, Donald Trump, égérie des climato-sceptiques avait déclaré sur le précédent rapport en 2018 : "On me l'a transmis et je veux voir qui l'a rédigé. Quels groupes l'ont rédigé, vous savez, car je peux vous montrer des rapports fabuleux, et je peux vous montrer des rapports qui ne sont pas si bons", lors de son mandat, il aura tenté de décrédibiliser je le cite, "le consensus" du GIEC.

Marine Le Pen en 2012, avant l'élection présidentielle avait qualifie de "prêtres et évêques du changement climatique" les membres du GIEC. Et puis, bien sûr, une faiblesse objective du Giec est le risque de reprendre un document scientifique erroné.

Quelles relations entretient la France avec le GIEC ?

La France donne 1 million d'euros par an pour financer un budget annuel de 6 millions d'Euros. C'est conséquent. Finalement le GIEC ne coûte pas si cher à la planète. Le GIEC fait le sale boulot fastidueux sur notre façon de vivre sur notre planète, quels qu'en soit les résultats c'est un investissement, on l'espère, à très long terme.

Frédéric Brindelle (avec J.A.)