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Moisson catastrophique pour les céréaliers bio: "C'est la pire moisson depuis 50 ans"

Les moissons de blé bio s'annoncent très mauvaises dans les zones touchées par les inondations.

Les moissons de blé bio s'annoncent très mauvaises dans les zones touchées par les inondations. - Philippe Huguen - AFP

Touchés par les inondations, les céréaliers devraient voir leurs rendements diminuer cette année. Un constat encore plus vrai pour la filière de blé bio.

Le ministre de l'agriculture prévoit une baisse de 30% des rendements pour la filière blé cette année. Les céréaliers ont en effet fait part de leur inquiétude sur les moissons de cet été, notamment à cause des inondations de la fin du mois de mai. Un constat partagé par les agriculteurs bio qui ont déjà d'ordinaire des rendements moins importants. C'est le cas d'Eric Bogard, céréalier bio à Aulnay en Seine-et-Marne. A la tête de la ferme familiale en fonctionnement depuis 1881, il a converti l'exploitation au bio en 2002. A quelques jours de la fin de la moisson, ses rendements sont catastrophiques.

"Sur une année normale, tout cet endroit est plein. Là l'endroit est à moitié vide explique-t-il en décrivant son stock de blé. En tant qu'agriculteur biologique, c'est la pire moisson depuis 50 ans."

"Comment je vais payer les banques?"

Les pluies du printemps et le manque de lumière ont empêché une partie de son blé de germer, il craint désormais de perdre l'équivalent de deux années de revenus.

"C'est un excédent d'eau qui nous a mis par terre. Comment je vais nourrir mes gamins, comment je vais payer les banques, comment je vais finir de payer tout ce que je dois à mes fournisseurs?", s'interroge l'agriculteur.

Fin juillet, le ministère de l'Agriculture a annoncé un plan d'aide aux céréaliers, à travers notamment des mesures fiscales. Mais Bastien Paix, animateur au sein du Groupe des agriculteurs bio d'Ile-de-France (GAB) est tout aussi pessimiste car le blé bio va manquer sur le marché. "On avait déjà un petit peu de mal à répondre à cette demande croissante en termes de farine pour produire du pain bio et local, on en est loin cette année", explique-t-il. 

Conséquence des mauvaises récoltes, la France devrait encore cette année acheter la majorité de son blé bio à l'étranger. 

C. B avec Marie Monier