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Pesticides: le gouvernement a tranché pour les distances d'épandage

INFORMATION RMC-BFMTV - A partir du 1er janvier prochain, les agriculteurs devront respecter des zones de non-traitement des sols, zones de dix mètres ou de cinq mètres en fonction de la dangerosité des produits utilisés.

Après la consultation publique lancée en septembre dernier, le gouvernement a décidé de renforcer les mesures de protection des riverains contre l’utilisation des produits phytosanitaires, les pesticides notamment.

A partir du 1er janvier prochain, les agriculteurs devront respecter des zones de non-traitement des sols, zones de dix mètres ou de cinq mètres en fonction de la dangerosité des produits utilisés.

Des mesures qui ne sont pas assez contraignantes selon les associations écologistes. Mais dans les exploitations agricoles, c’est l’incompréhension et la colère qui dominent.

"Même trois mètres ça représente pour moi un manque à gagner très important"

Bernard est agriculteur sur les coteaux de Balma. Il cultive du mais, du blé et du colza. Selon lui, cette réglementation ne va pas l’avantager.

"Cette nouvelle réglementation m’imposerait 5 mètres de non-traitement, mais vu le matériel que j’utilise, spécifique avec des buses anti-dérives qui limitent donc la dérive des produits, je pourrai descendre à trois mètres, mais même ces trois mètres représentent pour moi un manque à gagner très important, de l’ordre de 15 à 20% au niveau de mon exploitation".

La nouvelle réglementation devrait toucher ici une grande partie des agriculteurs. "Pas question", s’insurge Jean François Lamassé, représentant de la FDSEA, il a déjà fait un calcul rapide.

"5 mètres, c’est 23.000 hectares sur le département, cela équivaut si vous voulez, grosso modo, à l’équivalent de tous les champs de mais du département. Qui est capable de nous indemniser à la juste valeur ? Parce que en plus nous sur ces terre- là, les jeunes ont fait des crédits dessus, ont payé des charges, des impôts ! On les entretient ! Non, mais c’est de la foutaise"

"Je pense qu’on sera une nouvelle fois contraints d’attaquer en justice le texte officiel"

Pour les écologistes, le gouvernement ne va pas assez loin, François Veillerette est le directeur de l’association Générations Futures.

"Les pulvérisations de pesticides vont largement au-delà des dix mètres. Des zones pulvérisées, cela va même au-delà des 100 mètres. Puisqu’on en est là, je pense qu’on sera une nouvelle fois contraints d’attaquer en justice le texte officiel qui va préconiser ces distances".

Selon le nouveau dispositif, ces distances de sécurité seront applicables à compter du 1er juillet 2020.

Jérémy Trottin, Rémi Ink et Jean-Wilfrid Forquès (avec J.A.)