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Piles, meubles, livres... La destruction des invendus non-alimentaires interdite au 1er janvier

Après la nourriture, c'est également fini pour le gaspillage et la destruction des produits non-alimentaires à partir du 1er janvier.

Terminus pour la destruction des invendus non-alimentaires. A partir du 1er janvier 2022, les entreprises vont devoir trouver une solution pour recycler et réutiliser les produits qu'elles n'ont pas écoulé. De nombreux produits sont concernés, comme les piles, les meubles, les cartouches d'encre mais aussi les produits d'éveils et de loisirs, les livres ou encore les produits d'hygiène et de puériculture.

Cette mesure est partie prenante de la loi Agec, promulguée en février 2021 avec pour objectif de sortir de la France du "tout jetable". Car jeter finit par coûter cher. L'ADEME (Agence de la transition écologique) estime à 4,3 milliards d'euros la valeur marchande des invendus non-alimentaires en France en 2019.

Une aberration écologique et sociale

Heureusement, des entreprises ont déjà commencé à recycler et réutiliser leurs invendus. L'entreprise Kimberly Clark, spécialisée dans la vente de produits d'hygiène, n'a pas attendu cette nouvelle loi pour mettre fin au gaspillage. "On a donné beaucoup de produits, des mouchoirs, des lingettes pour bébé...", explique-t-elle.

A travers ces dons, Delphine Husson, directrice générale de Kimberly Clark, y trouve plusieurs avantages.

"Le premier impact est social, on aide ceux qui sont dans le besoin. Le deuxième est environnemental car détruire, c'est brûler. Et il y a aussi un avantage fiscal."

"Aujourd'hui, près de 10 millions de Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté"

Ces invendus arrivent donc ensuite directement à l'association Dons Solidaires qui se charge de la redistribution. Des produits qui trouveront toujours preneurs, comme l'explique Dominique Besançon, la déléguée générale de Dons Solidaires.

"Aujourd'hui, près de 10 millions de Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Et 3 millions d'entre renoncent à acheter des produits d'hygiène de base."

Malgré ces efforts, le gaspillage reste présent. 7 % des invendus non-alimentaires sont encore détruits. "Une aberration écologique", pour Dominique Besançon.

Si plusieurs entreprises ont déjà adopté le reflex zéro gaspillage, 80% d'entres elles devront encore se plier à cette nouvelle règle.

Bon à savoir

Concernant le gaspillage alimentaire, une loi interdit depuis 2016 de rendre impropres les invendus alimentaires.

Alexandre Distel (édité par J.A.)