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Plan d'aide à l'agriculture: "Même mon grand-père n'a pas connu des rendements aussi catastrophiques"

Le nouveau plan d'aide à l'agriculture devrait bénéficier en premier lieu aux céréaliers (illustration)

Le nouveau plan d'aide à l'agriculture devrait bénéficier en premier lieu aux céréaliers (illustration) - AFP

TEMOIGNAGE - Le gouvernement va annoncer mardi un nouveau plan d'aide à l'agriculture, embourbée dans une crise majeure. Les céréaliers devraient en être les premiers bénéficiaires. Il faut dire que certains, en Seine-et-Marne, estiment des pertes de récolte allant de 30 à 60%. C’est le cas de Clément Delos, qui cultive 160 hectares de céréales à Fretoy en Seine-et-Marne.

Le gouvernement va annoncer mardi un nouveau plan d'aide à l'agriculture, embourbée dans une crise majeure avec le secteur de l'élevage en grande difficulté depuis plusieurs années, et celui des cultures, touché au printemps par des intempéries catastrophiques. Les céréaliers devraient en être les premiers bénéficiaires selon les déclarations du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, mardi dernier au Sénat: "Les inondations et le printemps humide ont conduit à des baisses de rendement jamais vues depuis une trentaine d'années".

Ainsi, certains céréaliers de Seine-et-Marne estiment des pertes de récolte allant de 30 à 60 %. C’est le cas de Clément Delos, qui cultive 160 hectares de céréales à Frétoy en Seine-et-Marne et qui a été victime des inondations. "La rivière passait dans les bâtiments. Le maïs, l'orge, beaucoup de pâtures étaient sous l'eau", se souvient-il. Les intempéries, une mauvaise météo et le cours du blé ont fini d'achever le moral de ce jeune agriculteur.

"Que l'on baisse les cotisations agricoles"

"L'année dernière, on a récolté au total 703 tonnes de blé. Cette année, on en a que 283 tonnes, déplore-t-il. On estime cette perte à 150.000 euros. Je suis la troisième génération de l'exploitation et même mon grand-père n'a pas connu des rendements aussi catastrophiques". Forcément, Clément attend beaucoup de ce nouveau plan d'aide du gouvernement.

"J'aimerais que l'on baisse les cotisations agricoles, avance-t-il. Cela fait trois ans, dans les céréales, que l'on n'a pas de chance, je pense donc que ça serait déjà pas mal. Car en ce moment, on croule sous les factures, on a du mal à tout payer même le fioul ou des choses toutes simples". Et, alors qu'il rêvait de moderniser son exploitation l'année prochaine ("Je voulais monter un bâtiment et changer un tracteur"), Clément, a définitivement stoppé tout projet d'investissement.

M.R avec Pauline Baduel