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"Pour une fois, ce n’est pas une position intégriste": les viticulteurs se félicitent des exceptions accordées à l'utilisation du glyphosate

L'Agence nationale de sécurité sanitaire juge impossible d'interdire totalement le glyphosate et autorise notamment les agriculteurs à continuer d'en utiliser, notamment sous les rang des vigne.

De nouvelles restrictions vont être imposées à l'usage du glyphosate, ce puissant herbicide. Mais des dérogations persiste, comme le préconise le dernier rapport de l’Ansess, l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Ce rapport estime qu’il existe des cas dans lesquels des alternatives non chimiques doivent être utilisées, mais dans beaucoup d'autres situations, l'usage du glyphosate reste autorisé. Notamment sous le rang de vigne, car il n'existe, selon les auteurs, aucune alternative d'usage courant. 

Dans sa propriété familiale, Pierre Espagnet doit traiter 40 hectares de vignes. Pour cela, il a recours glyphosate. Un pesticide dont il a réduit l’utilisation au fil des années. Il attendait donc ce rapport avec impatience : "Pour une fois, ce n’est pas une position intégriste, qui dit, on est pour, on est contre, et de toute façon, il faut arrêter".

30% des surfaces bio dans le frontonais

Ce viticulteur utilise 1000 grammes de glyphosate par hectares ; soit plus du double de la dose préconisée par le rapport : "Avec ça je fais l’année en étant propre ce qu’il faut, pas trop, mais pas trop envahi par les mauvaises herbes, je pourrai réduire, de 10, 15 ou 20% de plus, en améliorant encore mon efficacité, mais guère plus".

Dans ce vignoble situé une trentaine de kilomètres au nord de Toulouse, la transformation ne se fera pas du jour au lendemain estime Frédéric Ribes, viticulteur, président de l’appellation Fronton :"Après avoir lu ce rapport, je trouve qu’il est assez équilibré, assez raisonnable par rapport aux conditions d’utilisations, il peut rendre des services à ceux qui ne sont pas bio pour maitriser les herbes qui sont un peu plus compliquées". Dans le frontonais, 30% des surfaces sont passées entièrement au bio, leurs propriétaires ont abandonné définitivement le glyphosate.

Jean-Wilfried Forquès (avec G.D.)