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Randonneuse tuée: faut-il interdire la chasse le week-end?

Une randonneuse de 25 ans a été tuée par la balle perdue d'une chasseuse de 17 ans ce week-end, dans le Cantal. Un nouveau drame qui relance le débat sur l'interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

La cohabitation entre promeneurs et chasseurs est-elle possible? Samedi, une jeune femme de 25 ans a été tuée par une balle perdue d'une chasseuse de 17 ans alors qu'elle se promenait sur un sentier balisé dans le Cantal. À Ponchon, dans l'Oise, le drame est dans toutes les têtes et relance la question de l'interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

Pour leurs balades en famille du dimanche, Marine et Feroya préfèrent rester à l'écart des sentiers en pleine forêt et le plus loin possible des bruits de fusil.

“Ce n’est pas du tout rassurant. Même si on est sur un chemin balisé, une balle peut toucher un enfant. On craint qu’il arrive un accident. Je pense qu’il faudrait adapter des horaires pour les chasseurs, avec des créneaux en disant, là, c’est pour les chasseurs, là, c’est réservé aux familles et aux randonneurs”, appuient-elles.

Plus que des créneaux horaires, Angélique voudrait même des jours sans chasse. Elle habite à côté d'une forêt prisée par les chasseurs et elle préférerait ne pas les y voir en fin de semaine. “Il faudrait essayer de faire en sorte qu’il y ait un week-end par mois de chasse autorisé et puis que les trois autres week-ends, on soit plus tranquille”, indique-t-elle.

Hors de question pour Thomas, fusil sur l'épaule. Dimanche, il était en pleine chasse au pigeon. “La semaine, on travaille, donc la chasse, c’est impossible la semaine”, appuie-t-il.

20 morts en moyenne dans des accidents de chasse par an

Interdire la chasse le week-end, c'est pourtant une proposition portée par deux candidats de gauche à la présidentielle: Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Mais dans ce cas, qui va réguler le gibier, leur demande Thomas.

“Il n’y aura pas de chasseur donc ça veut dire qu’il y aura plus de dégâts dans les cultures, pour les agriculteurs, pour tout l’environnement. Donc ce n’est pas la solution non plus”, estime-t-il.

Des solutions, il y en a d'autres, estime Myriam, fille et mère de chasseurs. Mieux baliser les sentiers par exemple ou encore sensibiliser davantage les promeneurs à la chasse. "Il faut dialoguer, il faut éviter la guéguerre parce qu’aujourd’hui, c’est une guerre qui s’est révélée. Mais il faut du dialogue et pas tout de suite la réforme en disant non à tout et en montant au créneau”, appuie-t-elle.

Elle regrette qu'une fois de plus, la chasse soit pointée du doigt.

“Actuellement, c’est très compliqué parce qu’il y a une grosse polémique autour de la chasse et on met de plus en plus en avant les accidents. Il ne faut pas grand-chose pour qu’on nous lance la pierre et que tout de suite ça s’enflamme”, estime-t-elle.

Chaque année, une vingtaine de personnes meurent dans des accidents de la chasse. Dans la majorité des cas, les victimes sont des chasseurs.

Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours