RMC

Rapport alarmant du GIEC: "Va-t-on avoir le courage politique de rectifier le tir?"

Un rapport qui fait froid dans le dos alerte une nouvelle fois sur les conséquences terribles du dérèglement climatique.

Après le rapport alarmant rendu lundi par le GIEC, Emmanuel Macron appelle à "un accord à la hauteur de l'urgence" à la COP26 de Glasgow prévue en novembre. Les experts climats de l'ONU ont livré lundi leurs nouvelles projections qui font froid dans le dos. Le réchauffement climatique s’accélère plus vite que prévu, avec des impacts irréversibles comme la montée des océans ou la fonte des glaces... Et les humains en sont en grande partie responsables.

"Il faut décarboner de toute urgence et de manière très radicale nos sociétés et nos économies" alertent les membres du Giec dans cette première partie de leur rapport.

"Pas à la campagne, mais en zone urbaine ou péri-urbaine on peut développer le vélo, le vélo électrique, les transports en commun"

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres juge que ce rapport devrait "sonner le glas" des énergies fossiles "qui détruisent la planète". De son côté, la ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili estime que la réduction des effets de serre implique de sortir "en une décennie d'une civilisation fondée sur les énergies fossiles".

Sortir des énergies fossiles d'ici 10 ans, un objectif réaliste ? Le chercheur Matthieu Auzanneau, du think tank The Shift Project, estime qu'en France la sortie des énergies fossiles est tenable à l'horizon 2050. A condition de la planifier.

"Ca suppose un effort d'organisation qu'on met en place en temps de guerre. Autrement dit: une planification. C'est comme ça qu'on a développé tout le système électrique français. La mobilité quotidienne c'est le gros de ce qu'on utilise comme pétrole quotidien en France.
On ne parle pas de renoncer définitivement à la voiture. On parle de développer toutes les alternatives lorsque c'est possible. Pas à la campagne, mais en zone urbaine ou péri-urbaine on peut développer le vélo, le vélo électrique, les transports en commun, partout où c'est possible."

"Ce n'est pas normal que les gens ne puissent plus se payer un plein à la station essence, il faut des alternatives"

L'eurodéputée Europe écologie-Les Verts Karima Delli estime que la France a déjà les clés, depuis longtemps, pour sortir de cette "civilisation fondée sur les énergies fossiles". 

"Le moment est venu vraiment d'arrêter les discussions. Tout le monde est d'accord sur le constat. Va-t-on avoir le courage politique de rectifier le tir? Les transports, c'est le seul secteur qui ne réduit pas ses émissions de gaz à effet de serre.
Il faut booster les transports en commun, le vélo, le covoiturage. Toute cette industrie. C'est bon pour l'emploi, pour le climat... Il ne faut pas mettre des taxes pour des taxes. Ce n'est pas normal que les gens ne puissent plus se payer un plein à la station essence. Donc il faut trouver des alternatives pour ces gens."

>>> A LIRE AUSSI - Influence, pouvoir, financements... Ce qu'il faut savoir du GIEC qui a rendu un rapport explosif sur le climat

La rédaction avec J.A.