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Sortie de Thomas Pesquet: "Des différences de températures de l'ordre de -150 à +150°"

Pour la première fois depuis son arrivée le 20 novembre sur la Station spatiale internationale (ISS), le Français Thomas Pesquet va faire une sortie dans l'espace, ce vendredi. L'astronaute va quitter l’ISS durant six heures pour effectuer des travaux à l’extérieur du module qui l’accueille depuis plusieurs semaines. Une mission particulièrement délicate, explique sur RMC Sébastien Barde, responsable de la mission Proxima au CNES.

"La mission de Thomas Pesquet pendant ces six heures, c'est la suite d'une première sortie extra véhiculaire effectuée il y a quelques jours, qui consiste à changer les batteries à l'extérieur de l'ISS. Pour alimenter la station en électricité, il y a des panneaux solaires qui produisent de l'énergie quand elle est exposée au soleil, mais quand elle est à l'ombre, on utilise alors des batteries. Thomas Pesquet va monter des batteries plus performantes que celle qui étaient installées.

L'espace est un milieu hostile, c'est le vide spatial. Il y a des différences de températures énormes entre les parties exposées au soleil et les parties à l'ombre, de l'ordre de -150 à +150°. Une des difficultés, c'est d'évoluer dans un scaphandre qui n'est pas très épais mais qui est très rigide. C'est une sorte de cuirasse, et ça demande une dépense musculaire énorme. C'est très difficile de bouger au niveau des articulations. Ça c'est l'aspect physique, mais il y a aussi l'aspect stress.

"Des différences de température de -150 à + 150°C"

Dans l'espace, les astronautes sont rattachés à la station spatiale par deux lignes de vie, deux cordons, et c'est la seule chose qui les retient à leur maison. Le moment qui est le plus impressionnant pour eux, c'est quand ils sortent de la station: ils voient alors la terre sous leurs pieds, et non plus à travers un hublot comme avant. Elle est à 400 km sous eux. Ils ne commencent d'ailleurs pas tout de suite le travail, il y a une phase d'apprentissage pour bien prendre la dimension de la nouvelle évolution avec leur scaphandre. Et puis ils prennent un petit temps aussi pour profiter de ce moment. Parce qu'après, une fois que les procédures sont lancées, ils sont vraiment dans leur travail.

"Dans l'espace il n'y a pas de place pour l'imprévu"

Mais tout est plus difficile: les mouvements sont plus lents et il faut toujours vérifier que tous les outils sont bien attachés pour ne pas les perdre. Parce qu'un outil qui est détaché devient un débris qui va tourner autour de la station et peut potentiellement l'impacter et faire des dégâts. Il faut toujours être très prudent dans ce qu'on fait.

En réalité, ils sont très bien préparés à ces dangers et à ce stress. Thomas, ça fait une semaine qu'il prépare sa sortie et qu'il répète les tâches qu'il doit faire. D'ailleurs, la règle dans tout ce qu'on fait dans la station, c'est de ne pas avoir de place pour l'imprévu. Là, ils sont tout seuls dehors, donc tout a été répété et procédurer (sic) au maximum, c'est une façon d'éviter le stress".

P. Gril avec J-W. Forquès