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Transition écologique: "20 milliards d'euros, clairement pas assez", estime Éric Piolle

Eric Piolle pendant la campagne à Grenoble.

Eric Piolle pendant la campagne à Grenoble. - JEFF PACHOUD / AFP

Dans une interview dans le Journal du Dimanche le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, étrille Emmanuel Macron sur ses engagements vis-à-vis de la transition écologique.

Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, affirme que les 20 milliards d'euros du plan de relance réservés par le gouvernement à la transition écologique ne sont "clairement pas assez", dans une interview au Journal du Dimanche.

Mais "on jugera sur pièce", ajoute M. Piolle, interrogé sur le tournant écologiste d'Emmanuel Macron. "Pour l'instant, je constate qu'ils ont toujours reculé: même quand ils ont émis dans leurs discours des signaux positifs, ils ont immédiatement été contredits par leurs actes. Parce qu'au fond, leur modèle reste le modèle ultralibéral et financier", a ajouté le maire de Grenoble, réélu au second tour à la tête de sa ville.

"C'est tout de suite qu'il faut agir"

Pour lutter contre le réchauffement climatique, "il faut changer d'échelle, et c'est tout de suite qu'il faut agir". Pour agir contre l'exploitation de notre planète, on doit lutter davantage contre la fraude fiscale qui dévoie les ressources publiques, et porter la taxe sur les dividendes, non retenue par Emmanuel Macron contre l'avis des 150 citoyens de la Convention Climat", affirme-t-il.

"Avec les maires de grandes villes membres de France urbaine, nous demandons davantage de décentralisation et un transfert du produit de la contribution climat énergie vers les territoires, au plus près des projets", ajoute M. Piolle, qui a participé mardi avec Anne Hidalgo, maire PS de Paris, et une vingtaine d'autres maires PS et EELV à une réunion à Tours sur la transition écologique.

"On assiste à une recentralisation néfaste des décisions"

Mais, "depuis le début (du quinquennat du président Macron), on assiste au contraire à une recentralisation néfaste des décisions. Aujourd'hui, il y a une majorité culturelle en France pour sortir de la consommation pour la consommation, du profit pour le profit".

"Je souhaite que nous donnions collectivement un débouché politique à cette majorité culturelle. Concentrons-nous d'abord sur le projet. Ensuite, il faudra savoir qui peut le soutenir, et ce soutien peut être très large, du PS, traversé aujourd'hui par une clarification, jusqu'à La France Insoumise en passant par tous les mouvements écologistes et la société civile mobilisée pour la justice sociale et climatique", affirme-t-il.

AFP (avec Maxime Trouleau)