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Ancien SDF devenu agent immobilier, il loge une vingtaine de sans-abris

Jean-Pierre Boudhar, agent immobilier de 59 ans, héberge depuis plusieurs années des SDF dans des appartements qui lui appartiennent, dans le Nord. Les sans-abris n'ont que 80 euros à payer, le reste étant pris en charge par des aides locatives et par Jean-Pierre Boudhar. RMC l'a rencontré.

S'il possède aujourd'hui plusieurs agences immobilières dans le Nord, Jean-Pierre Boudhar a d'abord connu la vie dans la rue. Et il n'a rien oublié... Aujourd'hui, le chef d'entreprise de 59 ans veut à son tour faire preuve de générosité.

"Quand il fait -2 degrés, que vous êtes dans une voiture, dans une gare, allongé par terre sous une couverture, sur un carton, comme tous les SDF... vous ne pouvez pas oublier. On m'a hébergé, on m'a nourri, on m'a montré le chemin. Je me suis dit: 'moi aussi j'ai été dans la rue, je vais leur tendre la main'".

Depuis une quinzaine d'années, il loue des studios à des sans-abris pour leur permettre de se réinsérer. Des studios de 15m2, pour un loyer de 320 euros toutes charges comprises. Le locataire doit payer 80 euros de sa poche, le reste lui est versé par les aides locatives du RSA. L'agent immobilier assume les frais de ménage et les charges. Les sans-abris entrent en contact avec l'agent immobilier via le Collectif des SDF de Lille.

"Le geste qu'il fait pour aider son prochain, c'est magnifique"

C'est l'un de ces appartements qu'occupe désormais Jean-Paul, 71 ans, dont la moitié passée dans la rue. "Ça me permet de me retrouver, de retrouver une position plus confortable. Me remettre à faire la cuisine, parce que j'adore ça. Le geste qu'il fait pour aider son prochain, c'est magnifique. On peut le remercier".

Aider le plus de sans-abris possible à retrouver une vie normale, c'est ce que souhaite Jean-Pierre Boudhar. "Mon rêve c'est que certains s'en aillent. La réussite c'est qu'ils ne restent pas dans les chambres. Ils trouvent un job et ils changent de vie". Mais Jean-Pierre Boudhar le concède, son action ne suffit pas. Il faudrait créer des logements et des événements sur le modèle du Téléthon, dit-il, pour mieux aider les sans-abris.

P. Gril avec Anaïs Bouitcha