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Corse: Jean-Guy Talamoni attend des "précisions" sur l'autonomie, et pointe un timing "suspect"

L'ancien président de l'Assemblée de Corse a réagi ce mercredi matin sur RMC à l'annonce de Gérald Darmanin qui estime que le gouvernement "est prêt" à aller jusqu'à "l'autonomie" de la Corse.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est en visite mercredi et jeudi en Corse dans un contexte de grande tension depuis l'agression en prison d'Yvan Colonna. Le ministre est attendu au tournant par les élus nationalistes qui mettent la pression sur l'Etat pour obtenir une "véritable solution politique" sur l'avenir de l'île. "Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie. Voilà, le mot est dit", annonce le ministre dans un entretien à Corse Matin publié mercredi.

Jean-Guy Talamoni, ancien président de l'Assemblée de Corse, attends des précisions sur tout cela avant de saluer l'intiative.

"Il n'y pas grand ​chose de précis dans cette interview. Le ministre vient surtout pour éteindre le feu. Au sens propre comme au figuré. Il ne leur serait pas passé par la tête de parler d'"autonomie" s'il n'y avait pas eu les affrontements de ces derniers jours entre la jeunesse et les policiers. Pour le moment, c'est très vague."

"Il n'est "jamais trop tard pour que la Corse soit enfin entendue"

Il estime qu'il ne faut que cette annonce de Gérald Darmanin soit simplement une manière d'assurer le calme jusqu'à la présidentielle mais reconnaît que c'est une "bonne chose" que le dialogue s'instaure. Il refuse en revanche d'appeler au calme estimant que "les appels au calme sont contre-productifs".

"Il faut que les jeunes reprennent confiance dans la chose publique, dans la volonté de Paris de dialoguer rééllement avec les élus de la Corse. Depuis 2017 les nationalistes corses ont été élus à une majorité absolue. Mais Paris a systématiquement bloqué toutes les revendications de la Corse validées par le suffrage universel", lance-t-il avant d'estimer qu'il n'est "jamais trop tard pour que la Corse soit enfin entendue".

Jean-Guy Talamoni trouve en revanche que le timming de ces annonces est suspect: "La démarche actuelle est évidemment suspecte car tout le monde a en tête l'élection présidentielle. Si on croit se débarasser de la question corse de cette manière-là je crois qu'on se trompe et qu'on fait preuve de cynisme. Il est temps pour Paris de traiter la question Corse autrement que par le cynisme ou l'indifférence. Il est temps de prendre en compte le résultat du suffrage universel depuis 2015 pour changer le statut de la Corse."

J.A.