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Absentéisme des profs en Seine-Saint-Denis: "Nos enfants ont des scolarités à trous"

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En Seine-Saint-Denis, les professeurs non remplacés feraient économiser 11,5 millions d'euros à l'Education nationale, selon la FCPE (Fédération de parents d'élèves). Pour les parents d'élèves, c'est inadmissible.

11,5 millions d'euros. C'est le montant d'économies que ferait l'Education nationale en ne remplacant par les professeurs absents dans le département de Seine-Saint-Denis. C'est la FCPE (Fédération de parents d'élèves) qui a fait le calcul grâce à un site internet, ouvert par les parents d'élève dans le 93. Le site répertorie toutes les heures de cours perdues par les élèves qui n'ont pas eu de remplaçants.

Mathis, collégien de Seine-Saint-Denis, a l'habitude des absences de ses professeurs. Mais ça commence à faire beaucoup: "L'année dernière, j'ai eu beaucoup de profs absents. Pendant un mois, les cours de français et d'anglais n'ont pas été remplacés".

"J'ai pris des RTT pour assister mon fils"

L'an dernier, Wilfrid son père a fait le calcul. 350 heures de cours non assurées dans l'établissement de son fils: "C'est insupportable surtout que ça se répète en Seine-Saint-Denis. Nos enfants ont des scolarités à trous. Ces histoires d'absence non remplacées commencent à diminuer la confiance qu'il y a entre l'école et les familles".

Alors il a pris les choses en main, pour aider Mathis: "J'ai pris des RTT pour assister mon fils, j'ai acheté des manuels, je l'aide pendant une ou deux heures pour compenser les cours qui n'ont pas été faits mais ça ne peut pas remplacer l'école".

"Rendez les sous aux élèves de Seine-Saint-Denis!"

Mais le chiffre de 11,5 millions d'euros révolte Rodrigas Arénas, de la fédération de parents d'élèves: "C'est autant d'argent que les élèves de Seine-Saint-Denis n'ont jamais vu, ce qui équivaut sur une année à la construction de 5 ou 6 écoles, donc à un moment donné, nous sommes très clairs: 'rendez-nous nos sous, rendez les sous aux élèves de Seine-Saint-Denis pour qu'ils aient une scolarité normale!' Aujourd'hui, un élève de Seine-Saint-Denis a perdu un an d'enseignement à la fin de sa scolarité!"

L'an dernier, 200 écoles du département avaient été occupées par des parents, qui réclamaient simplement, que leurs enfants aient des professeurs face à eux.

P.B. avec Thomas Chupin