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Bac: doit-on craindre une perturbation des épreuves ?

Plusieurs syndicats appellent à une grève à l'occasion de l'épreuve de philosophie, traditionnelle entrée en matière du baccalauréat. Ils protestent contre la réforme de l'examen prévue pour 2021.

Les enseignants jugent la réforme du baccalauréat injuste. Dès 2021, un nouvel examen de l’épreuve historique devrait être mis en place. Les élèves seront davantage évalués en contrôle continu, et les épreuves en fin de parcours seront moins décisives dans la notation pour l’obtention du diplôme.

Pour dénoncer cette réforme, l’intersyndicale qui regroupe le SNES-FU, le premier syndicat chez les enseignants du secondaire, mais aussi SUD Education et la CGT, appelle les enseignants à ne pas venir surveiller les élèves lundi, le premier jour des épreuves. C’est la première fois depuis 2003 qu’un tel appel est lancé par des syndicats pour le bac.

"Il y aura forcément des perturbations"

Difficile de savoir combien d’enseignants seront mobilisés car dans le secondaire ils ne sont pas obligés de déposer un préavis de grève. Abdallah Amghar professeur au lycée professionnel Saint-Exupéry de Blagnac près de Toulouse, attend entre 30 à 50 % de grévistes.

"Il y aura forcément des perturbations parce que cela oblige à des convocations supplémentaires de personnels pour palier aux manques qui seront évidentes lundi matin dans l’établissement. L’idée c’est de montrer au ministre que puisqu’il veut détruire le bac et sa signification et bien on le prend au mot. Puisque le bac ne servira plus a rien à l’avenir et bien nous refusons de le laisses se passer comme si tout allait bien", explique-t-il sur RMC.

Des propos qui ont provoqué l'ire de Jean-Jacques Bourdin vendredi matin sur RMC.

"J'aimerai d'abord dire qu'on ne dit pas 'palier à'. Ensuite c'est irresponsable. Pour punir le ministre, voilà des profs qui punissent les enfants. C'est hallucinant ça m'irrite au plus haut point", a-t-il martelé.

Des personnels non-enseignants sollicités

De son côté, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer se veut rassurant, "le bac se déroulera de façon normale", assure-t-il. Bruno Bobkiewicz secrétaire national du SNPDEN-Unsa, le principal syndicat des chefs d'établissement, estime que cette grève n’est pas raisonnable car elle pénalise élèves et familles. Mais il aborde malgré tout la journée de lundi sereinement car il a pris des précautions dans son lycée de Saint-Denis pour que tout se passe bien.

"Au-delà de la capacité à solliciter des enseignants réservistes en plus, on a également des enseignants qui gèrent les couloirs dont on peut se dispenser. On a deux surveillants par salle qui pourraient passer à un si le nombre de grévistes s'avère élevé. Et puis on a dans certains lycées, sollicité des personnels non-enseignants pour se rendre disponibles au cas où", explique-t-il.

Dans les rectorats identifiés par le ministère comme "sensibles", ceux de Créteil, Montpellier ou Toulouse par notamment, des consignes particulières ont été passées. Les chefs d'établissement sont tenus de convoquer plus de surveillants qu’il n’en faut au cas où des enseignants ne viendraient pas lundi matin.

Caroline Philippe, Margaux Bédé (avec G.D.)