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"C'est devenu banal et ça nous fait peur": l'Unef alerte sur la précarité alimentaire des étudiants

Imane Ouelhadj, présidente de l'Unef, était l'invitée de RMC ce jeudi matin et regrette que le gouvernement ne "prenne pas ses responsabilité" concernant la précarité étudiante, notamment pour l'alimentation.

La Première ministre Élisabeth Borne se rend dans les locaux de la banque alimentaire de la Marne ce jeudi, pour un déplacement qui sera l'occasion de revenir "sur les objectifs du gouvernement en matière de lutte contre la précarité alimentaire", comme le précise un communiqué.

Les attentes des étudiants sont fortes dans ce domaine, alors que les queues dans les banques alimentaires étudiantes ne désemplissent pas. Imane Ouelhadj, présidente de l'Unef (Union des étudiants de France), assure sur RMC que c'est malheureusement devenu "banal" en France de ne pas manger à sa faim.

"Aujourd'hui en France, c'est devenu banal qu'un étudiant n'arrive pas à boucler ses fins de mois et n'arrive pas à manger à sa faim tous les jours. C'est devenu banal, et cela nous fait peur. Il y a toute une partie de la jeunesse qui n'a pas la capacité d'avoir accès à des besoins primaires", regrette-t-elle.

"Le gouvernement ne prend pas ses responsabilités"

Le président de la République avait annoncé lors de sa dernière intervention télévisée une volonté "d'élargissement" du dispositif des repas à un euro (mis en place durant le Covid) dans les restaurant universitaires. Une annonce qui ne suffit pas à satisfaire la présidente de l'Unef.

"On en a marre des effets d'annonce", tacle-t-elle. "Les étudiants sont très peu à pouvoir en bénéficier. On est assez interloqués par l'annonce d'Emmanuel Macron et on se demande ce qu'est un élargissement. Il n'y a pas de concertation", regrette-t-elle.

De nombreux étudiants dénoncent -photos à l'appui- ces dernières semaines des repas assez chichement servis dans les restaurants universitaires.

"Les CROUS sont dans des situations un peu compliquées avec des budgets qui baissent ou qui stagnent et des étudiants en hausse", note Imane Ouelhadj. "Face à ça, le gouvernement ne prend pas ses responsabilités."

L'Unef demande ainsi la création d'une allocation "d'autonomie" universelle délivrée à tous les étudiants sans exception.

J.A.