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Violences sexuelles dans les soirées étudiantes: une campagne de sensibilisation lancée

"Sans oui, c'est interdit": le gouvernement dévoile sa première campagne de sensibilisation sur le consentement dans les facs et les grandes écoles, alors que les violences sexuelles restent nombreuses dans les soirées étudiantes, notamment.

Pour la première fois, le ministère de l'Enseignement supérieur lance une campagne de sensibilisation sur le consentement dans les facs et les grandes écoles. La ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau dresse le bilan du plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur et la recherche, lancé il y a un an.

Elle encourage à mettre en place des dispositifs dans les soirées étudiantes alors que sur l'année 2019-2020, 4% de la population étudiante a été concernée par des agressions ou tentatives d'agressions.

Les violences sexistes et sexuelles sont courantes selon Sarah, 22 ans, étudiante dans une grande école, victime de frotteurs au cours de soirées étudiantes.

"Ça m'est arrivé plusieurs fois. Il y avait mes amis autour de moi et personne n’avait remarqué”, confie-t-elle.

Cette étudiante a intégré une équipe de bénévoles vers qui se tourner pendant ces soirées pour signaler ces violences. “Il y a énormément de filles en pleurs qui venaient me voir. Elles me disent ‘il s’est collé à moi, et il m’a mis une fessée’. C’est vraiment banalisé. Se frotter, une main aux fesses, c’est une agression sexuelle”, détaille-t-elle.

Des dispositifs efficaces?

Ces dispositifs de "personnes de confiance" sont devenus systématiques dans les soirées organisées par l'association nationale des étudiants en sport, depuis un an, explique Claire Lalloué, l'une des membres en charge de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

“On voit que c’est efficace. Ça nous permet d’éviter des situations de violence. Nous, quoi qu'il arrive, on agit. On va voir la personne qui a effectué l’acte. On fait un point avec elle en lui disant que ça, on n’accepte pas. On s’autorise d'exclure la personne de l'événement", appuie-t-elle.

Elle est sollicitée par de nombreuses associations locales, qui souhaitent à leur tour être formés.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours