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Capacités physiques des enfants en baisse: "Ca fait 10 ans qu'on tire la sonnette d'alarme"

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Les enfants d'aujourd'hui sont moins endurants. Des chercheurs australiens ont montré que les collégiens des années 70 couraient 800 mètres en 3 minutes, contre 4 minutes aujourd'hui. Pour Caroline Jean, professeur de sport et secrétaire nationale du Syndicat national des activités physiques et sportives (SNAPS), il est temps d'allouer plus de moyens à l'éducation physique.

Caroline Jean est professeur de sport, secrétaire nationale du SNAPS.

"Ce qu'on constate c'est que les élèves sont moins sportifs, moins endurants, moins aptes à l'effort. C'est vrai. On a du mal à intéresser les enfants au sport. Le chiffre de l'étude est spectaculaire. Une minute de plus c'est énorme.

Evidemment, ça nous fait peur, il faut réagir. Nous, ça fait 10 ans qu'on tire la sonnette d'alarme. On alerte sur le fait que le ministère des Sports a beaucoup moins de moyens, beaucoup moins de personnel. Bien sûr qu'il faut réagir, sinon on ne se dirige pas vers la société qu'on veut. On connaît tous les bienfaits du sport, c'est aussi en lien avec l'intellect, donc il faudrait avoir les moyens de les appliquer.

Les raisons sont forcément multiples. Les écrans sont de plus en plus présents dans la vie des jeunes et des enfants, mais il n'y a pas que ça. Tout le monde passe d'ailleurs énormément de temps devant les écrans, certainement au détriment d'une activité sportive.

Il y aussi sûrement des parents qui veulent moins laisser leurs enfants jouer dehors pour des raisons de sécurité.

"Plus de liens avec les associations sportives"

Avec notre syndicat, nous voudrions que le sport soit plus présent dans la société française. Nous pensons qu'il faut renforcer le lien des écoles et universités avec le mouvement sportif associatif. Ça permettra d'enrichir l'offre de sports et rendre le sport plus accessible au plus grand nombre.

L'école est pour le moment un peu renfermée sur elle-même. Il faudrait qu'elle ait plus de lien avec les associations. Et on souhaite que cela s'inscrive dans une vraie politique de développement du sport.

Par exemple, il serait possible de développer l'endurance des élèves avec des cours de rollers. Mais il n'y a pas assez de moyens, alors que c'est le moyen de faire du sport tout en amusant les élèves. Nous voudrions que les moyens soient renforcés, notamment dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. On est environ 3.000 professeurs de sport et conseillers techniques et on aimerait que ce nombre augmente.

Ce qu'on propose c'est la mise en place d'un pôle éducatif qui regrouperait le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de l'éducation populaire et du Sport. Cela ferait un ensemble cohérent pour mieux renforcer les synergies".

Propos recueillis par Paulina Benavente