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Faut-il supprimer les filières L, S et ES au lycée?

Alors que débutent ce lundi les concertations pour la réforme du baccalauréat, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer reconnaît dans Le Parisien que la suppression des filières L, S et ES au lycée est "une option". Faut-il les supprimer? RMC a posé la question aux principaux intéressés.

Le ministre de l'Education nationale envisage la disparition des filières L, S et ES au lycée. "C'est une option parmi d'autres", explique Jean-Michel Blanquer ce lundi dans un entretien au quotidien Le Parisien, alors que débute les concertations pour la réforme du baccalauréat. "Tout est ouvert, on verra bien quel sera le fruit de la consultation. Notre fil directeur est surtout d’aboutir à quatre matières pour les épreuves finales du bac", ajoute le ministre.

Pour Thomas Le Corre, porte-parole du SGL, premier syndicat lycéen de France, la disparition des filières est une nécessité.

"Casser les filières, cela va permettre à l'élève de se faire un parcours sur mesure. Cela fait plusieurs années que nous soutenons l'idée d'un tronc commun le matin entre 8h et 13h, et l'après-midi, des spécialités à la carte que l'élève va pouvoir choisir. Ainsi, on va s'intéresser vraiment à l'élève et à ce qu'il aime faire, on va l'ouvrir plutôt que de l'enfermer dans une filière qui au final ne va pas l'aider pour l'enseignement supérieur. Avoir fait S, par exemple ne vous permet pas véritablement de choisir vers quelle voie aller."

Au contraire, Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, principal syndicat de personnels de direction, est contre cette proposition.

"Les professeurs sont recrutés pour 42 ans. Supprimer les filières voudrait dire qu'il faut que tous ces gens trouvent leur place dans le nouveau système, or techniquement ce n'est pas faisable. Parce que ses professeurs ont été nommés dans certains endroits et on ne va pas déplacer des centaines de milliers de profs pour réaliser cet objectif qui, en plus, n'aurait sans doute aucun intérêt. On a l'expérience des réformes antérieures du lycée, on s'est rendu compte qu'on avait créé beaucoup de stress et de conflits pour un résultat proche de zéro. Modifier les épreuves du baccalauréat et modifier les programmes, c'est largement suffisant."

P. G. avec R. Pillet