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"Les études, c'est fini pour moi": faute de places, ces étudiants n'ont toujours pas de masters

Ces étudiants regrettent une sélection à l'entrée "aléatoire et injuste".

Chaque année, de nombreux étudiants se retrouvent sans master. Plus de 1500 étudiants ne savent toujours pas où et dans quelle filière ils vont poursuivre leurs études, en dépit de bons résultats.

Ils ont validé leur licence, mais en raison du peu de places disponibles en master, ces étudiants se retrouvent ainsi laissés sur le carreau. Désespérés, ils tentent tous les recours possibles pour obtenir une place.

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À l’université d’Aix-Marseille, 23.000 candidatures ont été reçues pour seulement 1150 places tous parcours confondus, à la faculté d’Angers 1300 dossiers pour 25 places en master de psychologie.

Elise est titulaire d'une licence en droit. Elle a postulé dans 4 universités différentes cet été pour un master. À chaque fois, elle a essuyé un refus.

“Pour l’instant, je n’ai rien du tout. On m’a répondu, niveau académique insuffisant, capacité d'accueil insuffisante et j'ai aussi eu des refus sans motif”, explique-t-elle.

Une situation prévisible

Elle fait partie des milliers d'étudiants sans master qui se mobilisent sur les réseaux sociaux. Elise se voyait pourtant magistrate. Ses ambitions professionnelles sont revues à la baisse.

“Je pense arrêter les études pour cette année. De toute façon, je n’ai pas le choix. Et si l’année prochaine, on me refuse encore, je pense que les études ce sera fini pour moi. Et pourtant je me voyais limite aller jusqu’au doctorat donc la situation est vraiment incroyable”, indique-t-elle.

Augmentation des effectifs en licence, peu de places en master... La situation était prévisible et anticipable pour Maryam Pougetoux, vice-présidente de l'UNEF.

“C’est prévisible parce que c’est démographique. C'est-à-dire le baby-boom des années 2000, ces personnes-là entrent en master. Et il n’y a pas eu de création de place pour les anticiper et donc on arrive à un point de craquage”, appuie-t-elle.

14000 places supplémentaires dans les universités sous tension devaient être créées. Des annonces qui n'ont pas été suivies des faits pour les syndicats étudiants.

Romain Poisot avec Guillaume Descours