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Evacuation des campements de migrants à Paris: "On ne balaie pas les êtres humains!"

Le ministre de l'Intérieur a annoncé mercredi l'évacuation, "à bref délai", des quelque 2.300 migrants vivant sur des campements à Paris, en rappelant sèchement la Ville à ses responsabilités sur ce dossier qui oppose le gouvernement à la maire Anne Hidalgo. Autour du camp "du Millénaire", les riverains sont d'accord pour évacuer, mais sont agacés par la situation.

L'évacuation se fera dans un "bref délai". Le ministre de l'Intérieur a annoncé mercredi l'évacuation rapide des quelque 2.300 migrants vivant sur des campements à Paris, en rappelant sèchement la Ville à ses responsabilités sur ce dossier qui oppose le gouvernement à la maire Anne Hidalgo. 

Plusieurs campements grossissent depuis des mois dans le nord-est de Paris, notamment près du canal de Saint-Denis où quelque 1.500 personnes vivent dans des conditions alarmantes. Autour de ce camp appelé du "Millénaire", les riverains ne savent plus quoi faire. 

Face à Gianfranco, gérant d'un café, à quelques mètres, des centaines de tentes: "A partir de 18h et la fermeture des magasins, il y a plusieurs dizaines de personnes qui s'installent sur ma terrasse. Ils se sont branchés sur les prises électriques". Ce commerçant distribue certains soir les invendus dans le camp du Millénaire. "Ce n'est pas un danger, mais l'image et le nombre de jeunes qui sont tous là, qui ne font rien. Les gens se posent la question".

S'il y a une perte de chiffre d'affaire pour les commerces du coin, pour les riverains, certains codes sont à respecter, selon Martine: "On trace son chemin. On ne regarde pas. Si on regarder, on peut avoir des réflexions. Je ne sors pas avec plaisir de chez moi. Mais, ça me touche aussi parce que je vois une certaine misère". 

S'ils se disent pour l'évacuation du camp, ces deux habitants du nord de Paris estiment que cela n'est pas suffisant. Notamment de la part des autorités. "C'est nécessaire, mais le problème va se transférer ailleurs" dit l'un. "On peut peut-être parler d'organisation. Ce sont des êtres humains et on ne balaie pas des êtres humains" se désole la seconde.

Thomas Chupin et X.A