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Fléau du crack à Paris: dénonçant "une trahison", des habitants veulent porter plainte contre l'Etat

DOCUMENT RMC - Une centaine de consommateurs de crack ont été déplacés vendredi à Paris. Les riverains du nouveau "lieu" sont logiquement plutôt en colère. Stéphanie Benoist, était sur RMC.

Un nouveau coup de pied dans la fourmilière? L'éternel problème de la consommation de crack dans les rues du nord-est de Paris semble insolvable. 

Quelques jours après le déplacement de plus d'une centaine de toxicomanes des abords des jardins d'Éole (18e arrondissement) à la place Auguste Baron (19e arrondissement) en lisière de périphérique entre Paris et Pantin, les riverains sont furieux. 

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"J'ai cru à une mauvaise blague vendredi"

Stéphanie Benoist, habitante d’Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, commune qui se situe à quelques centaines de mètres du lieu de déplacement, est membre du collectif "93 anti-crack". Invitée de RMC ce lundi matin, elle explique que plusieurs associations envisagent de porter plainte contre l'Etat.

"On a un vrai sentiment de trahison, que ce soit à Aubervilliers ou à Pantin. J'ai cru à une mauvaise blague vendredi quand on m'a appris le nouveau déplacement. (...) On a créé un groupe rassemblant beaucoup de collectifs contre ce problème de crack. On se réunit et on essaie de monter une structure plus solide pour envisager un dépôt de plainte contre l'État (pour mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger)"

Elle estime que la seule solution à ce sempiternel souci, c'est la prise en charge, sociale et sanitaire des consommateurs de crack, fournis par des dealers qui profitent de leur détresse, qui eux, traînent toujours dans la nature. 

Le mur de la honte?

A Pantin et Aubervilliers, l'édification d'un mur bouchant un tunnel afin d'empêcher les consommateurs de crack de Paris d'aller en Seine-Saint-Denis suscite "colère" et "écoeurement" des riverains qui réclament une solution pérenne pour venir en aide aux toxicomanes.

Ce mur, censé éviter le passage des usagers du crack vers la banlieue, a été dressé vendredi après-midi, quelques heures après l'évacuation

J.A.