RMC

Il avait découvert des squelettes dans son jardin: neuf mois après, son calvaire continue

RMC S'ENGAGE POUR VOUS. Il y a neuf mois, Antoine avait contacté RMC. En voulant construire une piscine, il avait découvert les restes d'un cimetière communal avec une centaine de squelettes, dans son jardin. Il avait demandé l'aide de l'Église et de l'État pour se débarrasser des ossements. Depuis, rien n'a changé.

Antoine vit dans l’Aude, à Badens. Il a acheté une maison avec un joli jardin. Son objectif: y construire une piscine. Mais en creusant, il découvre un squelette. Puis un deuxième, un troisième... Au total, une centaine d'ossements sont sous terre. La maison qu'il a achetée appartenait au diocèse. Cette maison, c'était l'ancien presbytère, juste à côté de l'église. Comme souvent, dans de nombreuses villes en France, l'ancien cimetière communal était à côté de l'église, jusqu'au XVIIIe siècle. Un cimetière qui est aujourd'hui son jardin. Sauf qu'au moment de l'achat, personne ne l'a prévenu de cette caractéristique un peu spéciale de ce jardin.

En octobre, quand on a rencontré pour la première fois Antoine, il était encore abasourdi.

"Il y a des squelettes partout ! Il y a plus de squelettes que de terre. Les autorités compétentes sont toutes venues et depuis on en est au même point, rien n'a bouge. Ça va faire deux ans maintenant. Je suis tout seul".

"C'est de la culture générale"

À l’époque, "RMC s'engage pour vous" avait essayé de trouver une solution pour lui. On avait appelé le diocèse qui avait répondu avec un peu de mauvaise foi, que non, ils ne savaient pas qu’il y avait un cimetière, au moment de la vente, mais qu’ils n’étaient pas surpris et qu'Antoine aurait dû deviner étant donné la proximité de sa maison avec l'église du village.

"Il n'est pas rare en France de trouver des ossements près d'une église, si on creuse la terre. C'est de la culture générale. Il aurait pu s'intéresser à faire des sondages, demander à sonder le sol", avait déclaré à RMC Jean-François Bourdeyroux, l'économe du Diocèse.

20.000 à 50.000 euros pour organiser des fouilles

On avait aussi contacté la DRAC, la Direction générale des affaires culturelles d'Occitanie, pour leur demander d’intervenir pour enlever ces ossements. À l’époque, elle avait promis de ne pas laisser Antoine dans cette situation et proposait d’entamer des fouilles archéologiques, tout en prévenant que ça risquait de coûter cher.

Neuf mois plus tard, rien n'a changé. La DRAC n'a pas contacté Antoine. C'est lui-même qui a contacté cette direction, qui a posé ses conditions avant toute intervention: l'État ne prendrait en charge que la moitié des frais. Le reste serait à la charge d'Antoine. Sauf que ces fouilles coûteraient entre 20.000 et 50.000 euros. Beaucoup trop cher pour Antoine, qui a fini par renoncer.

Il a pu construire sa piscine mais...

Aujourd’hui, il a construit sa piscine. Mais de l’autre côté de la maison, loin du cimetière. Les squelettes sont donc toujours là, dans son jardin. Il se demande ce qu’il va pouvoir faire, car théoriquement il n’a pas légalement le droit de toucher aux ossements.

"Il y a deux options. Soit je monte un mur et je donne ce morceau de jardin, car ça fait 40 à 50 m² à tout casser, soit je mets une grosse dalle de béton et moralement ça ira mieux."

En attendant, il a rebouché les trous dans son jardin et installé des palissades pour que lui et ses enfants ne voient plus les squelettes.

Joanna Chabas (avec Maxime Martinez)