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Jacques Chirac: l'émotion de son ancien ministre Jean-Louis Borloo sur RMC

Quelques minutes après l’annonce de la mort de Jacques Chirac, Jean-Louis Borloo, ancien ministre délégué de la Ville et de la Rénovation urbaine entre 2002 et 2004 a évoqué "un homme des plus cultivés" et "un personnage extraordinaire".

"Je suis complètement affligé". Ce jeudi midi, Jean-Louis Borloo a réagi en direct sur RMC à la mort de Jacques Chirac. L'ancien président de la République est décédé ce 26 septembre à l'âge de 86 ans.

"Au-delà du caractère humain chaleureux, visionnaire, au-delà de "La maison brûle et nous regardons ailleurs" (en 2002 lors de l’ouverture du discours au 4e sommet de la Terre à Johannesbourg, Jacques Chirac prononça une phrase devenue célèbre à propos du dérèglement climatique: "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", Ndlr) et de la guerre d’Irak, je veux porter témoignage du plan de rénovation urbaine de nos quartiers".

"Cette réconciliation, cette reconquête républicaine, ce plan de cohésion social, tout ça, je l’ai fait sur instruction absolument précise et reflétant la volonté intime et profonde de Jacques Chirac".

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"Le plus grand plan urbain de l'Histoire de France"

"Souvenez-vous de la fracture sociale. Ça n’avait pas été traité tout de suite mais c’était sa profonde conviction, le plus grand plan urbain de l’Histoire de France, le plus grand chantier civil de l’Histoire de France, bien plus grand que celui du baron Haussmann. Ça a été ça pour nos quartiers populaires, pour recréer des avenues, des équipements publics, casser les ghettos, reconstruire des petits immeubles. 600.000 résidentialisations (sic), 200.000 destructions et reconstructions".

"Tout ça s’est fait discrètement, tendrement avec une volonté absolue. C’était sa volonté comme l’était le plan de cohésion social, les équipes de réussite éducatives, c’était la volonté de Jacques Chirac".

"D'une pudeur invraisemblable"

"C’était un des hommes les plus cultivés à propos de l’Afrique, de l’Asie, des Arts primitifs. Il cachait ça au fond de lui. Il était d’une pudeur invraisemblable derrière la facilité de la chaleur humaine".

"Il était incroyablement pudique. Peu d’hommes connaissent à ce point le Proche-Orient, l’Extrême-Orient, l’Afrique! Pourquoi tous les Africains adoraient Jacques Chirac? Son combat, sa lutte contre les faux médicaments qui font des ravages qui sont porté aujourd’hui par sa fondation, par Claude Chirac, tout ça, c’est presque confidentiel, c’est presque secret. C’était un personnage extraordinaire".

"Dans le commentaire politique, on ne voyait que la bête"

"Il avait une énorme culture qui lui a permis d’essayer d’empêcher ce drame de cette guerre d’Irak dont on sait à quel point elle a été dramatique. C’est un des personnages au monde qui a la plus grande culture encyclopédique des gens, de l’art, de la musique".

"Et dans la vision française, dans le commentaire politique, on ne voyait que la bête politique. Son soutien était confidentiel. Il passait des coups de fil le soir, ça durait très peu de temps mais je savais qu’il était là".

Maxime Trouleau