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La Chapelle : "On va sortir des chaises, on va s'installer"

Près du boulevard de la Chapelle, des femmes dénoncent l'exclusion dont elles sont victimes

Près du boulevard de la Chapelle, des femmes dénoncent l'exclusion dont elles sont victimes - Osmar Valdebenito - Flickr

Dans le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, des groupes d’hommes tiennent les rues et harcèlent les femmes. Les habitantes ont lancé une pétition pour dénoncer la situation et ont prévu de se rassembler dehors samedi à 19h.

Insultes, crachats, vols, harcèlement... Dans le XVIIIème arrondissement de Paris, autour de La Chapelle et de la Halle Pajol, le quotidien des habitantes est de plus en plus oppressant face à des hommes qui tentent de contrôler le quartier. Face à un tel climat, nombreuses sont celles qui n'osent plus sortir de chez elles avec leurs enfants. 

Révoltées, elles ont pourtant décidé de lancer une pétition en ligne et comptent bien se réapproprier leur quartier. Après de multiples courriers, plusieurs associations de quartiers sont parvenues à décrocher un rendez-vous avec le maire de leur arrondissement lundi. Elles ont d'ailleurs reçu la visite vendredi de la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, vendredi, qui a déploré que le quartier de La Chapelle-Pajol soit devenu "une zone de non-droit".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a par ailleurs annoncé qu'un plan d'action spécifique allait être mis en place pour lutter contre les discriminations envers les femmes, et que les contrôles de police allaient être intensifiés dans le XVIIIème arrondissement, "tout au long de la journée".

"On va se faire plaisir"

Alors qu'elles se sentent délaissées par les autorités, les habitantes du quartier ne veulent plus attendre les décisions des politiques et entendent réinvestir l'espace public dès samedi soir. A 19h, à l'appel d'une association de quartier, elles ont donc prévu de descendre dans la rue, en bas de chez elles. "On sera là devant, on va sortir des chaises, on va s'installer. On va se faire plaisir, à être dehors devant chez nous", promet Yvonne, l'une des organisatrices du mouvement dont l'immeuble est squatté par des trafiquants de drogue depuis plusieurs semaines.

Nadia et Laurence seront aussi là ce soir devant l'entrée de leur immeuble face à cette place de la Chapelle qui chaque jour se remplit de vendeurs à la sauvette et de trafiquants en tout genre. "A 18h, ça y est, on fait le plein, on fait le plein d'hommes, il y en a partout et il n'y a pas une femme", raconte la première. Laurence relate quant à elle les angoisses de sa fille de 17 ans, qui se fait "tout le temps embêter".

C.M avec Me.R.