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Marseille: "Avant, les jeunes voulaient être plus Zidane que Scarface, maintenant c'est l'inverse"

DOCUMENT RMC - Les Marseillais espèrent que le plan du gouvernement pour la ville de Marseille ne sera pas que de la poudre aux yeux et permettront de redonner espoir aux quartiers défavorisés.

Marseille dans le feu des projecteurs pour cette rentrée scolaire. Emmanuel Macron est attendu dans la cité Phocéenne ce mercredi après-midi. Le chef de l’Etat doit faire des annonces sur les transports, la sécurité ou encore le déblocage d’un plan de réhabilitation pour les écoles de Marseille, à hauteur de 1,2 milliards €, comme vous le révélait RMC mardi matin.

Mehdi Amar, 39 ans, boxeur, originaire des quartiers Nord de Marseille espère sur RMC ce mercredi matin, que cette visite ne sera pas qu'un simple plan de communication.

"Ce ne sont pas les façades qui sont pourries, ce sont les quartiers qui sont gangrénés de l'intérieur par cet argent sale"

"Si le gouvernement se penche sur la question il pourra toujours faire aller les choses en mieux, mais après il va falloir qu'ils prennent le problème à la base. Il vaut mieux prévenir que guérir au lieu d'être à fond sur la répression.
On le voit, dans les cités ils viennent à grands coups de communication. Il y a de la poudre aux yeux, un grand coup de peinture sur les façades. Mais ce ne sont pas les façades qui sont pourries, ce sont les quartiers qui sont gangrénés de l'intérieur par cet argent sale."

"Ce qui m'inquiète ce sont les jeunes qui me disent souvent je préfère vivre 5 ans comme un coq, que 30 ans comme un mouton"

Que faire, alors, pour palier à cela, alors que les dealers et l'appât du gain facile sont des sirènes difficiles à ne pas entendre pour les jeunes des quartiers nord?

"Quand les jeunes voient les autres avoir des grosses voitures, être populaires dans la cité... (...) Il faut réinjecter de l'argent dans les associations. Parfois par le sport, l'aide aux devoirs, ne pas être délaissés, avoir des activités, être accompagnés. Aujourd'hui il n'y a plus ça.
Ce qui m'inquiète ce sont les jeunes qui me disent souvent je préfère vivre 5 ans comme un coq, que 30 ans comme un mouton. Cette phrase est tellement dramatique. Avant ils voulaient devenir plus Zidane que Scarface, maintenant c'est l'inverse. Mais c'est compliqué de prêcher la bonne parole. Même s'il y a l'envers du décors avec tous ces cadavres."

Un peu d'espoir, c'est ce que demandent tous les éducateurs des quartiers défavorisés.

"Quand les jeunes voient les gars sérieux, bac+3, doctorat, servir à McDo, avoir du mal à joindre les deux bouts... C'est compliqué" souffle-t-il.

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J.A.