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Menus sans porc à Chalon-sur-Saône: "Il y avait un regroupement confessionnel par table"

La ville de Chalon-sur-Saône, qui avait voté en 2015 la fin de la distribution des menus de subsistions dans les cantines, a vu cette décision annuler par le tribunal administratif de Dijon, ce lundi. Gilles Platret, le maire LR de la ville, était l’invité de Bourdin Direct.

Les menus de substitutions, qui avaient été supprimés par le conseil municipal de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) en septembre 2015, pourraient faire leur retour dans les cantines de la ville. Le débat est en tout cas rouvert, après que le tribunal administratif de Dijon ait annulé la décision. Gilles Platret, le maire LR de Chalon-Sur-Saône, s’est défendu dans Bourdin Direct.

Il explique qu’on l'a accusé, à tort, de porter atteinte à la liberté de culte en prenant cette décision. "On avait, il y a deux ans, fait le choix de rétablir un service public neutre, c’est-à-dire où l’interdiction d’une viande particulière n’influence pas l’organisation du service. C’est pour cela que nous avions supprimé les plats de substitution. On a été attaqué pour ça, par la ligue de défense judiciaire des musulmans, et on nous a accusé de porter atteinte à la liberté de culte et de conscience."

"Nous avons refusé de faire un fichage religieux"

Mais Gilles Platret précise que ce n’est pas ce qui lui est reproché par le tribunal administratif de Dijon. Et annonce qu’il compte faire appel. "Le juge, qui a rendu sa décision lundi, nous a dit ‘lorsque vous avez pris votre décision, vous ne l’avez pas suffisamment motivé par l’intérêt supérieur de l’enfant’, en s’appuyant sur une convention internationale des droits de l’enfant de 1990. Donc si on regarde la décision du tribunal de Dijon, on se rend compte que le juge ne donne pas l’injonction de revenir en arrière, mais nous dit ‘vous devez nous prouver que si vous supprimez les plats de substitution, alors vous avez pris en compte les droits supérieurs de l’enfant’. Et on fait appel de cela."

Le maire LR de Chalon-sur-Saône ajoute enfin qu’il ne voulait pas d’un fichage religieux dans les cantines. "On n’oublie pas le débat sur la laïcité, car elle n’est pas étrangère à l’intérêt supérieur de l’enfant. Pour organiser une distribution de plats de subsistions, vous êtes obligés de ficher les familles, un fichage religieux que nous avons refusé. C’est illégal. D’autre part, pour les besoins des services, il y avait automatiquement un regroupement confessionnel, par table, et ça, ce n’est pas l’intérêt de l’enfant."

Bourdin Direct (avec Tom Masson)