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Menu sans porc à Chalon-sur-Saône: "Il ne s'agit pas de l'instauration des menus halal"

Lundi, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision de la ville de Chalon-sur-Saône de ne plus proposer des menus de substitution.

La fin des menus sans porc à Chalon-sur-Saone remise en cause. Le tribunal administratif de Dijon a annulé ce lundi la décision de la ville, prise il y a 2 ans, de ne plus proposer de menus de substitution dans les cantines scolaires, évoquant "l'intérêt supérieur de l'enfant".

En septembre 2015, le conseil municipal de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, a mis fin aux menus de substitution au porc proposés principalement aux enfants musulmans, au nom d'une "pratique exigeante du vivre ensemble". Le maire dénonçait une "discrimination entre les enfants qui ne peut être accepté dans le cadre d'une République laïque".

Cela concernerait environ 10 à 15% des 1800 élèves qui fréquentent les cantines scolaires de la ville. Cette initiative du maire LR Gilles Platret avait provoqué un tollé. "Le menu de substitution existait depuis 31 ans à Chalon et il faisait consensus chez les parents, les enseignants, les éducateurs", avait dénoncé la Ligue des droits de l'Homme.

"C'était une décision de stigmatisation et d'humiliation des enfants musulmans"

Pour Maitre Nicolas Gardères qui représente la Ligue de défense judiciaire des musulmans cette décision est une grande victoire qui met fin à la stigmatisation des musulmans. "je me réjouis de cette décision, qui était profondément injuste. C'était une décision de stigmatisation et d'humiliation des enfants musulmans. Et le tribunal ne s'y est pas trompé puisqu'il a fondé principalement son annulation sur l'intérêt supérieur de l'enfant, fixé à la convention de New York relative aux droits de l'enfant. Il faut bien s'accorder sur les termes: il ne s'agit pas de l'interdiction du porc à la cantine, il ne s'agit pas de l'instauration des menus halal. Le jour où du porc est servi, et bien les enfants qui n'en mangent pas, notamment juifs ou musulmans, ont droit à un menu de substitution. C'est tout. Ce n'est que ça". Le maire de la commune, a décidé de faire appel de la décision.

Nicolas Bourgeon (avec A.M.)