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Nuisances liées aux infrasons: des dizaines de cas partout en France

Après les révélations de RMC sur la présence d'infrasons à Thurey (Saône-et-Loire), des signalements venus de toute la France sur la présence de mêmes symptômes nous sont parvenus. Un phénomène d'ampleur nationale qui laisse ses victimes démunies.

Lundi, l'équipe de "RMC s'engage pour vous" mettait en lumière la situation des habitants de Thurey (Saône-et-Loire). Depuis deux ans, ils sont victimes de maux de têtes, de nausées, de tachychardie à cause d'infrasons. Ces ondes d’une fréquence de moins de 20Hz, sont dangereuses pour la santé en cas d’exposition prolongée. Depuis, en quatre jours, la cellule enquête de RMC a reçu plus d'une vingtaine de mails, de toute la France.

De Villeneuve d’Ascq dans le Nord à Radenac dans le Morbihan, de Savigneux dans l’Ain à Agde dans l’Hérault: aux quatre coins de la France, ces communes seraient touchées par des infrasons. La région parisienne n’est pas épargnée: on a recensé, pour l’heure, quatre villes concernées sur trois départements: les Hauts-de-Seine, l’Essonne et la Seine-et-Marne.

"On ne peut pas laisser les gens vivre dans cet enfer"

Marie, vit à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). Son calvaire a commencé en mars 2018. Elle a les mêmes symptômes que les habitants de Thurey, en Saône-et-Loire: bourdonnements, maux de tête, vertige, fatigue et difficulté à se concentrer. Elle "prend des médicaments tous les jours", désormais, pour traiter ces symptômes: "ce que je n'avais jamais vécu avant", précise-t-elle. "C'était la dernière chose que je voulais: être sous antidépresseurs et prendre des somnifères pour dormir... Je suis juste fatiguée de vivre ça, j'en ai marre", explique celle qui décrit son souhait le plus cher:

"Je voudrais que ça s'arrête que ça s'arrête. C'est la seule chose qu'on demande. Le problème c'est qu'on n'a pas le moindre début de réponse. Si déjà on savait ce qu'il se passe, peut-être que ça calmerait un peu notre peine, notre souffrance. On ne peut pas laisser les gens vivre dans cet enfer."

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L'origine de ces infrasons inconnue

Cette détresse de Marie, c’est globalement le sentiment de tous ceux qui ont écrit à l'équipe de "RMC s'engage pour vous". Ils ont tous la même question: d’où viennent ces infrasons? Certains ont cherché, comme Claire, qui habite Vif (Isère), à 20 km au sud de Grenoble.

Elle vit avec les infrasons depuis qu’elle a emménagé dans son nouvel appartement, il y a deux ans. Elle a tout tenté: couper l’électricité et la VMC de l’immeuble, interroger son syndic de copropriété, faire un bilan auditif chez un ORL, contacter la mairie de sa commune. Sans succès. "Au fur et à mesure des recherches, on se sent très très seul. On se demande même si on n'invente pas des histoires", explique-t-elle démunie.

"Alors quand j'ai découvert l'association Infrasons France, ça m'a énormément conforté parce que je me suis rendue compte qu'il y avait des gens aux quatre coins de la France qui décrivaient exactement la même problématique."

Les ARS vont étudier le dossier de plus près

Fabrice, l’auditeur qui nous avait alerté sur sa situation à Thurey, est lui aussi soulagé de savoir qu’il n’est pas le seul dans cette situation. L'équipe de "RMC s'engage pour vous" a relancé le ministère de la Santé en lui fournissant la liste de toutes les communes pour lesquelles on a reçu des alertes de la part des riverains. Le cabinet du ministre François Braun s’est engagé, auprès de nous, à se rapprocher de chaque Agence régionale de santé afin qu’elles étudient le dossier de plus près.

RMC s'engage pour vous
Pour contacter l'équipe de RMC s'engage pour vous, écrivez à rmcpourvous@rmc.fr.

Elise Denjean avec Maxime Martinez