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"On est polarisé avec des gens obsédés par le racisme anti-blanc et d'autres par le privilège blanc": faut-il interdire les "réunions non-mixtes"?

Les réunions en non-mixité raciale parfois organisée par l'Unef continuent de faire parler. De nombreux politiques se sont émues des propos de la candidate PS aux régionales Audrey Pulvar qui a assuré qu'une personne non-blanche assistant à une telle assemblée devait rester silencieuse.

C’est une nouvelle polémique comme la France les aime. Interrogée sur BFMTV samedi à propos des réunions "en non-mixité raciale", organisée par le syndicat étudiant Unef, Audrey Pulvar, adjointe à la mairie de Paris et candidate PS pour les régionales en Île-de-France a assuré qu’"une personne blanche qui assisterait à une réunion consacrée aux discriminations pour les personnes noires ou métisses pourrait rester 'spectateur silencieux'".

"Les réunions non-mixtes ne portent pas que sur des questions de couleur de peau. Oui, dans une réunion non-mixte LGBTQI +, en tant qu'hétéro, je me tairais, j'écouterais", a précisé dans la foulée sur Twitter l’ancienne journaliste.

"Je trouve que la campagne menée contre elle est vraiment dégueulasse"

Il n’en fallait pas plus pour enflammer le débat et provoquer l’ire de l’extrême-droite notamment: "Les blancs doivent se taire. Comment peut-on imaginer ça. J’imagine un parti politique que je ne nommerai pas mais que j’ai rejoint, s’il disait les ‘noirs doivent se taire’. Il y aurait un tollé et ce serait normal", a dénoncé Thierry Mariani, député européenne du Rassemblement national.

"Les responsables du Parti socialiste devraient réfléchir à qui ils ont investi dans cette région. Je pense que si le PS récuse cette notion de race, madame Pulvar ne devrait plus être la candidate du Parti socialiste aux régionales", a-t-il ajouté.

A contrario pour Manuel Bompard, député européen La France Insoumise, la polémique n’a pas lieu d’être : "Je trouve que la campagne menée contre elle est vraiment dégueulasse. Elle a exprimé un point de vue qui est que quand des personnes sont victimes de discriminations liées à leur couleur de peau, leur genre ou leur orientation sexuelle, il peut y avoir un besoin que les gens se réunissent entre eux pour exprimer ses revendications".

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"Je ne suis pas pour ce genre de réunion mais je comprends"

Un avis partagé par les "Grandes Gueules": "Je comprends tout à fait les réactions des politiques et de certaines personnes blanches qui se sont émues de pouvoir être empêchées d'assister à une réunion sur le racisme. Je le comprends parce que ce n'est pas marrant de se faire jeter dehors pour sa couleur de peau", a assuré Joëlle Dago-Serry sur RMC.

"Je ne suis pas pour ce genre de réunion mais je comprends. Ce ne sont pas des réunions de Noirs ou d'Arabes mais de victimes entre elles. Dans un groupe de parole, la parole peut-être posée et entendue et pas remise en question tous les jours. Il ne faut cependant pas dire aux hommes blancs 'de se taire', mais d'écouter", a-t-elle ajouté.

"Les groupes de paroles ça existe depuis toujours. Il y a des groupes de femmes, de lesbiennes interdits aux femmes hétéros, notamment. On peut comprendre ces réunions", a plaidé Barbara Lefebvre. "Mais que sort-il de ces réunions? S'il en sort de l'apaisement, du bien-être pour les gens, très bien mais s'il en sort de la haine comme avec la brigade anti-négrophobie notamment, c'est un problème", a nuancé l'essayiste.

"Actuellement on se retrouve polarisé avec des gens obsédés par le racisme anti-blanc, et d'autres obsédés par le privilège blanc. Est-ce qu'on ne pourrait pas trouver un mi-chemin et arrêter de mimétiser les Etats-Unis? Ce n'est pas notre histoire", appelle Barbara Lefebvre en guise de conclusion.

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Guillaume Dussourt