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"Les doses qu'on achète aujourd’hui, on les aura début 2022": sur RMC, Agnès Pannier-Runacher fait le point sur la vaccination en France

DOCUMENT RMC - La ministre déléguée en charge de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a retoqué les propositions de certains politiques d'acheter des doses partout dans le monde. Et pour cause, les doses disponibles et les doses en production ont de toute façon déjà été achetées.

La vaccination en France ne décolle toujours pas malgré les injonctions présidentielles à accélérer la campagne en vaccinant "matin, midi et soir". Après la pause due à l'apparition de thromboses chez des vaccinés d'AstraZeneca, la campagne a repris avec le vaccin britannique mais ne décolle toujours pas. À tel point que le le Commissaire européen à l'industrie Thierry Breton a évoqué un retard de trois semaines sur les Etats-Unis et le Royaume-Uni. 

"4 % de la population mondiale est vaccinée, nous sommes à 11 %. Sur qui sommes-nous en retard?", a pourtant répondu ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules", Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l'Industrie. "Nous sommes au même rythme que l’ensemble du continent européen puisque nous recevons le même quota de doses", a-t-elle défendu, alors que le gouvernement avait annoncé en décembre, vouloir avoir vacciné 15 millions de personnes à la fin du mois de mars. Force est de constater pourtant que l'objectif n'a pas été atteint puisqu'on recensait le 27 mars, 7.742.466 de personnes ayant reçu une première dose et 2.651.777 d'entre eux, la seconde.

"Forcement, nous avons trois semaines de retard par rapport aux Anglais qui ont fait le choix de faire moins de secondes doses. Et les Anglais commencent seulement à déconfiner et vont seulement commencer à regarder une potentielle ouverture des écoles", a pourtant défendu la ministre, avant d'assurer que 3 millions de doses allaient être reçues la semaine prochaine et que 500.000 doses de Johnson & Johnson, le quatrième vaccin autorisé sur le marché allait être réceptionnées à partir de la mi-avril.

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"Les doses de vaccins disponibles ne sont pas à acheter, elles ont déjà été achetées"

La France est toujours dépendante des livraisons de doses donc. Un problème que plusieurs politiques conseillaient de régler en achetant ces précieuses doses partout dans le monde: 

"Tout cela est très intéressant mais les doses de vaccins disponibles dans le monde ne sont pas à acheter, parce qu’elles ont déjà été achetées, nous les avons déjà achetées. C’est le même schéma que lorsque les régions nous ont dit ‘laissez-nous acheter nos doses et on va vacciner’. La blague s’est finie en une semaine. Les doses produites aujourd’hui sont déjà vendues. L’UE a sécurisé les volumes de vaccin acheté entre juin et septembre dernier. Les doses que vous achetez aujourd’hui, vous les aurez début 2022", a répondu sèchement Agnès Pannier-Runacher.

Quid alors des autres vaccins comme le SinoVac, produit par la Chine et le Spoutnik V produit par la Russie pour accélérer la vaccination? "SinoVac n’a pas souhaité déposer de dossier auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA). Spoutnik V a déposé tardivement son dossier, début mars. Il est examiné aussi rapidement que possible mais rapidement, c’est deux mois. Et cela ne prend pas plus de temps avec Spoutnik V qu’avec un autre. Et enfin, il y n’y a pas de doses de vaccins de Spoutnik V disponibles, seuls 4% des Russes sont vaccinés. Je suis en contact avec leurs équipes de Spoutnik V pour trouver des endroits où développer des capacités de production", a précisé Agnès Pannier-Runacher.

Pourquoi la Hongrie vaccine déjà avec le vaccin russe?

Pourtant, la Hongrie, membre de l'Union européenne vaccine déjà grâce à Spoutnik V. Et beaucoup même, puisque 35% de sa population aurait été vaccinée. Une couverture vaccinale visiblement autorisée par les agences de santé locale sans avis de l'Ema: "Nous avons fait le choix de se reposer sur les décisions de l’agence européenne. C’est une question de choix de sécurité. Est-ce qu’on le fait en analysant la moitié des données comme les Hongrois ou est-ce qu’on attend toutes les données comme on le fait avec l’Agence européenne du médicament pour ne pas mettre en danger nos concitoyens?", a expliqué Agnès Pannier-Runacher.

La vaccination en France peine à prendre son envol. Mais elle s'élargit petit à petit à un public de plus en plus nombreux. Samedi, elle s'est ouverte aux plus de 70 ans avec ou sans comorbidités. Et elle devrait s'ouvrir d'ici deux semaines aux plus de 65 ans. A l'été 2021, le gouvernement aimerait y donner accès à l'ensemble de la population.

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Guillaume Dussourt