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Pourquoi Gérald Darmanin a demandé la réouverture de la mosquée de Pantin

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LOUIS VA PLUS LOIN - Gérald Darmanin a demandé lundi au préfet de Seine-Saint-Denis d’envisager la réouverture de la mosquée de Pantin, que le ministre avait lui-même fait fermer après l’attentat contre Samuel Paty. Que s’est-il passé entre-temps ?

L’Imam et le recteur sont partis, et c’était une demande de Gérald Darmanin. Quelques jours avant l’assassinat de Samuel Paty, la mosquée de Pantin avait relayé sur sa page Facebook le message insultant d’un parent d’élève contre le professeur et quelques jours après l’attentat, Gérald Darmanin en avait ordonné la fermeture pour six mois.

Dans son viseur, deux hommes : l’imam, Ibrahim Doucouré, formé dans un institut fondamentaliste au Yemen, soupçonné de radicalisme, lui a démissionné dès le mois d’octobre.

Et le recteur, M’hammed Henniche, qui a toujours nié en appartenir à la mouvance islamiste mais dont le départ était, aussi, un préalable, a annoncé son retrait cette semaine, les conditions seraient donc réunies pour rouvrir la mosquée de Pantin.

Pourquoi a-t-il démissionné ?

Pour les besoins de la cause, dit-il. En fait, cela faisait plus de 10 ans que les 1.500 fidèles se réunissaient dans un gymnase transformé en lieu de culte. Un accord avait été passé avec la municipalité de Pantin, un bail longue durée avait été attribué pour bâtir dans les prochains mois une nouvelle grande mosquée.

Le problème, c’est qu’avec la fermeture annoncée à l’automne, cet accord est devenu caduc. Le recteur a donc démissionné pour tenter de sauver le bail, et garantir l’édification d’une nouvelle mosquée, il a également désigné un successeur, mais conserve ses fonctions de secrétaire général de l’union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis.

Les questions restent nombreuses. Une réouverture pourra-t-elle être décidée rapidement ? Le fameux bail teint-il toujours ? Le conseil municipal de Pantin doit se réunir mercredi. Un élu d’opposition cité par le journal Le Parisien conclut: "Aucune idée. On attend des réponses".

Louis Amar (avec J.A.)