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Qu’est-ce que le “pacte de Marrakech”, ce texte sur l'immigration qui agite une partie des "gilets jaunes"?

Ce texte de l'ONU, que doit signer Emmanuel Macron la semaine prochaine, et qui vise à améliorer la coopération internationale au sujet de l’immigration, est l'objet de nombreux fantasmes et "fake news".

Le thème de l'immigration s'invite dans la mobilisation des "gilets jaunes". Les 10 et 11 décembre prochains, Emmanuel Macron est attendu à Marrakech, au Maroc, à l'invitation de l'ONU, afin d'y ratifier le "Pacte sur les migrations", aussi appelé "Pacte de Marrakech".

Un document qui fait l'objet de beaucoup de fantasmes sur les réseaux sociaux et les sites proches de l'extrême-droite... et qui fait désormais beaucoup réagir des "gilets jaunes". 

"Il faut empêcher Emmanuel Macron de signer ce pacte, sinon plus de 4 millions d'immigrés arriveront en France", écrit ainsi - faussement - un manifestant sur Twitter. Ou encore pêle-mêle: "Ce sera le début du remplacement des peuples", "Ils vont vendre la France à l’ONU", "C'est la disparition programmée de la chrétienté", "Toutes les frontières seront ouvertes"… Autant de fausses nouvelles que l’on peut lire sur les réseaux sociaux, relayés sur certaines pages des "gilets jaunes".

Certains responsables politiques, Marine Le Pen en premier lieu, dénonce ainsi "une trahison silencieuse de la Nation" de "la boite de Pandore de la submersion migratoire". Les Républicains réclament un débat au Parlement.

Inquiétude partagée dans d’autres pays d’Europe: Hongrie, Pologne, Autriche, République tchèque, Slovaquie et Bulgarie qui n’iront pas signer ce texte.

Qu’y a-t-il dans ce texte qui pourrait justifier pareilles inquiétudes?

Ce pacte fixe au total 23 objectifs aux pays membres de l'ONU en matière de migration. Le texte d'une quarantaine de pages, élaboré l’été dernier à l’ONU, est consultable en ligne.

L'idée est d'abord d'adopter une série de grands principes pour mieux encadrer les mouvements migratoires au niveau mondial et surtout leur permettre de se faire de manière plus apaisée.

Parmi ces objectifs: doter tous les migrants de preuves d'identité légales, améliorer la coopération entre les pays pour gérer les frontières ou encore renforcer les actions pour lutter contre les réseaux de passeurs.

Un cadre commun qui n'est toutefois pas contraignant: contrairement à certaines rumeurs propagées, il n'est pas question non plus de remettre en cause la souveraineté des états la matière. Le texte réaffirme noir sur blanc le droit des états à définir leur propre politique migratoire.

Aucun risque de voir exploser le nombre migrants, comme l'affirme le Rassemblement National. 

Matthieu Rouault et Juliette Droz avec X.A