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Référendum de NDDL, les opposants mobilisés malgré la défaite: "Manuel Valls le sait, il devra utiliser la force"

Malgré la défaite des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes lors du référendum dimanche, les militants veulent continuer à se battre contre le projet. Françoise Verchère, co-présidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport, a marqué lundi sur RMC sa détermination et soutient "la résistance".

François Verchère s'y attendait. Dimanche, les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont perdu la bataille du référendum. Le "oui" au projet est en effet arrivé en tête en Loire-Atlantique avec 55,17% des suffrages. Mais l'ancienne élue du département et membre d'un collectif d'opposants refuse de s'incliner face au score.

"Cette consultation était biaisée par son seul périmètre. Le périmètre pour l'aéroport du Grand-Ouest a été choisi parce qu'il y avait un sondage favorable", dénonce-t-elle sur RMC.

Le vote était un simple "avis" 

Les opposants à l'aéroport auraient en effet souhaité un vote étendu à tout le Grand-Ouest. "Le contribuable de Bretagne et de Pays-de-Loire va payer et on ne lui demande pas son avis", note l'opposante. Après les résultats, elle remarque toutefois des signes encourageants pour la suite de la lutte.

"Les communes où l'on veut implanter cet aéroport disent 'non' massivement malgré les méchants zadistes dont on a dit beaucoup de choses. Et l'agglomération nantaise à qui on a expliqué qu'il fallait faire partir l'aéroport pour des raisons de bruit, de sécurité, de saturation ne dit pas 'oui' de manière massive, c'est assez surprenant comme résultat", poursuit-elle. 

Dimanche soir, Manuel Valls a annoncé que les travaux débuteraient dès l'automne. Les opposants mobilisés sur place et qui occupent une partie du terrain destiné à la construction devront partir. Les militants anti-aéroports resteront sur place et sont prêts à en assumer les conséquences, soutient Françoise Verchère. Manuel Valls "le sait", il devra utiliser la force, reconnaît l'opposante. Elle rappelle que le vote de dimanche était un simple "avis" qui théoriquement n'engage pas le gouvernement. Françoise Verchère estime par ailleurs que la construction prévue ne peut pas se faire.

"Manuel Valls sait que la France est en infraction par rapport à l'Europe. L'Europe a dit à la France qu'elle ne devait pas démarrer les travaux car les contentieux ne sont pas terminés, notamment les contentieux sur l'environnement. Cette consultation ne change pas le problème juridique. Pour nous, cet aéroport n'est pas légal au titre de la loi sur l'eau et des directives européennes", martèle l'ancienne élue. 

"Parfois la résistance est légitime"

Il y a deux ans, la Commission européenne avait en effet mis en demeure la France sur des infractions à la réglementation environnementale. Un argument que ne pourra pas ignorer le Premier ministre, juge Françoise Verchère, pour qui tout le dossier du projet d'aéroport est "fondé sur des mensonges".

"La France aurait mieux à faire que de déloger des gens qui ne demandent qu'à vivre bien sur cette terre, je crois que nous avons d'autres soucis", souligne-t-elle tout en apportant son soutien aux zadistes qui occupent illégalement des terrains: "Parfois la résistance est légitime".

Carole Blanchard