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"3.000 suspensions" de personnels non vaccinés: pas de blocage, mais des inquiétudes dans les hôpitaux

Depuis mercredi, les soignants non-vaccinés peuvent être suspendus. Certains refusent toujours, ce qui cause certaines situations compliqués pour le fonctionnement de certains hôpitaux.

L'obligation vaccinale est entrée en vigueur mercredi et concerne 2,7 millions de professionnels dans les hôpitaux, maisons de retraite, soignants libéraux, aides à domicile... Sans certificat de première injection, de contre-indication vaccinale ou de contamination récente, les soignants notamment, ne peuvent plus en théorie exercer. 

"Quelque 3.000 suspensions" sur 2,7 millions de salariés, "essentiellement du personnel du service support, peu de blouses blanches" ont ainsi été signifiées à des personnels de santé non vaccinés contre le Covid-19, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, ajoutant qu'il y avait eu également "quelques dizaines de démissions".

Ainsi, les réfractaires ont été nombreux mercredi à être notifiés de suspensions immédiate du contrat de travail, sans rémunération, comme au CHU de Nice où 450 membres du personnel sur 7.000 sont concernés.

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Dans les hôpitaux parisiens, on fait état de 1% à 2% de personnels non-vaccinés

Les estimations dans tout le pays sont difficiles à obtenir mais quelques milliers de personnes sont sans doute concernés sur les presque 3 millions de professionnels, une minorité donc. 

Globalement il n'y a pas et de perturbation majeure, mais quelques inquiétudes. Officiellement, pas de perturbations dans les hôpitaux toulousains, lillois et marseillais. Là-bas, "la continuité du service public hospitalier est garantie".

A Bordeaux, 70 personnes sur 15.000 ont été suspendues, majoritairement des personnels non-soignants ce qui n'a pas eu d'impact sur les activités selon l'agence régionale de santé. Dans les hôpitaux parisiens, on fait état de 1% à 2% de personnels non-vaccinés.

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Certains sont allés se faire vacciner les larmes aux yeux

Très peu, mais certains services ont quand même eu du mal à boucler leurs plannings, des soignants sont rappelés sur leurs congés.

La direction n'avait mercredi pas pu anticiper toutes les absences et a envoyé un email, pour demander aux personnels en poste de rester en fonction tant que la relève n'était pas assurée. Car toute la journée des réfractaires se sont vus notifier leur suspension par les cadres et les directions des hôpitaux. 

Avec amertume pour certains, d'autres ont changé d'avis et sont allés se faire vacciner les larmes aux yeux. Car les autorités sanitaires continuent d'afficher la fermeté envers les récalcitrants à la vaccination.

Martin Cadoret (avec J.A)