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"Demain, je ne serai plus médecin": sur RMC, cette docteure explique pourquoi elle refuse le vaccin anti-Covid

DOCUMENT RMC - Catherine Dubien, médecin généraliste à Montbrison, dans la Loire, depuis 28 ans, est le "Témoin RMC".

Hôpitaux, maisons de retraite, soignants libéraux, aides à domicile, pompiers, ambulanciers: l'obligation vaccinale contre le Covid-19 entre en vigueur mercredi pour 2,7 millions de personnes, mais toutes n'ont pas encore reçu leur première dose. C'est le cas de cette docteure. 

Invitée de RMC, ce mardi matin, Catherine Dubien, médecin généraliste à Montbrison, dans la Loire, depuis 28 ans, a expliqué à Apolline de Malherbe pourquoi elle refuse cette vaccination contre le Covid-19, malgré l'avoir conseillée à ses propres patients. 

"Je ne quitte pas mon cabinet. On m'oblige à le quitter. Je ne suis pas une irresponsable, une inconsciente. Je serai tout à fait d'accord pour me faire vacciner avec un vaccin classique, pas une injection expérimentale. Et autre raison pour laquelle je ne veux pas me faire vacciner, c'est parce que lorsque j'ai reçu la lettre de l'ARS qui me menace de six mois d'emprisonnement, d'intérêt général et d'amende si je n'obéis pas, à ce jour-là, j'ai décidé de ne pas me soumettre" a-t-elle expliqué sur RMC.

"Ils savent bien que je vais continuer à répondre au téléphone"

"La plupart de mes patients sont allés se faire vacciner très tôt, dès mars ou avril. (...) J'y croyais alors en cette injection parce que je suis comme la plupart des Français, j'ai fait confiance et petit à petit, en tant que médecin de terrain, j'ai vu des effets secondaires. En tant que soignants, nous avons été mis hors-jeu: un vaccin est un acte médical, pas une décision politique. Je veux que les médecins reprennent leurs droits et que l'on décide qui on vaccine ou pas" indique ce médecin depuis 30 ans face à Apolline de Malherbe, reprochant "avoir beaucoup entendu certains mêmes médecins" et précisant "faire confiance à cette injection pour les patients âgés ou qui ont des comorbidités".

Interrogé sur ce départ au dépit de ces patients, Catherine Dubien, 60 ans, confie que ceux-ci "n'y croient pas". "Ils sont persuadés que dans un mois, je serai de retour. Ils savent bien que je vais continuer à répondre au téléphone".

Le cas de ce médecin reste toutefois minoritaire: la très grande majorité des personnels est vaccinée. Au 7 septembre, selon Santé Publique France, 88.1% d'entre eux avaient reçu une injection, 84.1% disposaient d'un schéma vaccinal complet. 

Combien de professionnels manqueront à l'appel, suspendus faute d'avoir respecté la règle? Une minorité, certes, mais non négligeable, à en croire le dernier bilan de Santé publique France: au 7 septembre, un peu plus de 88% des soignants avaient reçu au moins une dose dans les hôpitaux et les Ehpad, près de 94% parmi les libéraux.

A partir du 15 septembre, tous les salariés des hôpitaux et des Ehpad pourront être suspendus, sans rémunération, s'ils n'ont pas reçu au moins une dose. 

De son côté, l'exécutif campe sur sa position. "Nous ne reculerons pas", a prévenu le Premier ministre, Jean Castex, fin août. Et gare à ceux qui voudraient contourner la loi. "Le refus de se vacciner ne donnera lieu à aucun arrêt maladie", a averti le ministre de la Santé, Olivier Véran, promettant "des contrôles systématiques" pour "toute prescription jugée suspecte".

Au niveau global, ce sont plus de 49 millions de personnes qui ont reçu au moins une injection (soit 73,7% de la population totale) depuis le début de la campagne de vaccination en France, et près de 47 millions ont désormais un schéma vaccinal complet (soit 69,4% de la population totale). 

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés est passé sous la barre de 10.000 pour la première fois depuis le 15 août et une nouvelle baisse légère a également été enregistrée en soins critiques, selon les chiffres publiés lundi par Santé publique France. Avec 446 admissions en 24 heures, 9.986 personnes sont actuellement hospitalisées contre 10.012 dimanche.

Les services de soins critiques, qui accueillent les cas les plus graves, comptent 2.103 patients dont 116 admis en 24 heures, contre 2.129 dimanche. Ils étaient 2.249 il y a une semaine. 

2.062 nouveaux cas du Covid ont été répertoriés en 24 heures, un indicateur qui est généralement plus bas les lundis en raisons de la fermeture des laboratoires le dimanche. Il y a sept jours, on comptait 3.042 cas. Le taux de positivité, qui mesure la proportion de cas positifs par rapport au nombre de personnes testées, poursuit sa baisse à 2% contre 2,1% dimanche.

Dans les dernières 24 heures, 86 malades du Covid sont décédés contre 29 la veille, portant le bilan total à 115.603 depuis le début de l'épidémie, dont 88.891 à l'hôpital.

Xavier Allain