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Amazon ferme ses sites français pendant 5 jours: "C'est une guerre entre direction et syndicats"

Amazon, sommé par la justice de limiter ses livraisons aux seuls produits essentiels sous peine d'amende, a annoncé la fermeture de ses sites français à partir de jeudi et jusqu'à lundi inclus, pour nettoyer ses entrepôts et évaluer les risques face au Covid-19.

Amazon va fermer ses sites français pour cinq jours, du 16 au 20 avril inclus, après une décision du tribunal judiciaire de Nanterre l'enjoignant de limiter son activité dans l'attente d'une évaluation des risques face au coronavirus.

Sur le parking du site d'Amazon de Douai, les salariés ont dû arrêter de travailler à 13h. Une injustice pour Rodrigue, Antoine ou Emmanuelle, énervés: "Déjà que nous sommes confinés, si en plus nous n'avons plus le droit d'aller travailler. Nous avons du gel, des masques, des lingettes. J'ai envie de travailler parce que je me sens en sécurité".

"J'ai fait jouer mon droit de retrait le lundi 16 mars. J'ai pris 15 jours de congés parce que je ne voulais pas contaminer ma famille. Je suis revenu il y a 3 semaines, j'ai vu du changement", estime Rodrigue. "Il y a des personnes spécifiques pour faire respecter les règles en vigueur. Ils fournissent des masques trois fois par jour", renchérit Antoine.

Près de 1700 salariés du site de Lauwin-Planque vont rester chez eux. Mohamed en veut aux syndicats d'avoir mené la bataille: "Je ne vois pas pourquoi les syndicats ont poussé aussi loin pour la fermeture du site. J'ai l'impression que c'était de l'acharnement. C'est une guerre entre direction et syndicats. Nous, on est au milieu dans le no man's land".

"Ce n'est pas une fermeture pour emmerder le monde"

Les syndicats, eux, sont satisfaits de la décision de la direction car il existe encore des risques de contamination au passage des portiques de sécurité ou lors de la manipulation des colis, explique aux salariés de Douai Emilien Williate, le délégué CGT du site:

"Désolé pour les salariés qui ne voulaient pas que le site ferme, mais c'est un mal pour un bien. En plus, il ne faut pas oublier qu'ils sont pris en charge à 100%, ce n'est pas une fermeture pour emmerder le monde, c'est une fermeture pour qu'il y ait un nettoyage réel. Il y a une évaluation des sites qui va être faite. Il ne faut pas oublier qu'à Brétigny-sur-Orge, il y a eu des cas avérés".

La direction estime qu'il est plus simple d'arrêter l'activité plutôt que de se limiter à la livraison de produits de première nécessité comme la justice le demande.

Amazon a fait l'objet de cinq mises en demeure de la part de l'inspection du travail, dont trois ont été levées. Le groupe, qui emploie près de 10.000 salariés dont un tiers d'intérimaires dans ses six entrepôts français, assure avoir distribué "plus de 127.000 paquets de lingettes désinfectantes, plus de 27.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que plus de 1,5 million de masques".

Nicolas Traino et Lionel Top