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"C'est inadmissible": les chrétiens bouillonnent contre l'interdiction des messes

Les évêques de France estiment que les cérémonies religieuses doivent reprendre à partir du 11 mai.

Privés de Pâques pendant le confinement, les catholiques de France seront privés de l’Ascension et de la Pentecôte même après le déconfinement. Les cérémonies religieuses en public feront en effet parties des exceptions, comme les restaurants: le gouvernement a décidé qu'elles resteront interdites après le 11 mai, jusqu’au 2 juin.

Les évêques de France sont nombreux à monter au créneau, et ne cachent plus leur incompréhension. La conférence de évêques s'est fendue d'un communiqué jeudi dénonçant la "sévérité" de la mesure. Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, a estimé que le respect des règles prévaut mais qu'"obéissance n’est pas soumission".

Des parlementaires dénoncent "l’ignorance et la paresse" des dirigeants

67 parlementaires ont dénoncé une mesure "blessante" dans une tribune publiée ce week-end dans le journal Le Figaro. Ils dénoncent "l’ignorance et la paresse" des dirigeants qui n'imaginent pas que "la vie spirituelle puisse être indispensable aux concitoyens qui pratiquent une religion".

Et ne comprennent pas que les propositions d’adaptation aux règles sanitaires soient "balayées d'un revers de main", et demandent que le gouvernement revienne sur cette décision.

"Je suis un peu déçu à partir du moment d'autres réalités de la société peuvent redémarrer"

L’interdiction d’assister aux messes après le 11 mai crée donc quelques tensions au sein de l’Eglise catholique. A Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Gisou et son mari Jean-Pierre se sentent insultés par cette interdiction.

"C'est inadmissible. Si l'église est ouverte mais qu'il n'y a pas d'office, c'est comme si c'était fermé."

Pour maintenir le lien, l’évêque du département célèbre des messes diffusées sur internet. Monseigneur Matthieu Rougé, devra poursuivre ainsi, sans fidèles. Il est mécontent, comme de nombreux évêques :

"Je suis un peu déçu à partir du moment d'autres réalités de la société peuvent redémarrer, nous pensons qu'il est normal que la pratique religieuse puisse également redémarrer."

"Notre vrai devoir est d'être des agents de paix dans une situation de pandémie"

Non, des fidèles sont prêts à attendre encore un peu, leur rétorque Paule Zellitch, présidente de la Conférence des Baptisé(e)s Francophones, qui représente les fidèles progressistes.

"Il n'y a pas de raisons à ce qu'il y ait autant de raffut. Notre vrai devoir est d'être des agents de paix dans une situation de pandémie."

Le pape François a déjà tranché en Italie face à la même bronca des évêques, et prône l'obéissance aux dispositions afin que l’épidémie ne revienne pas.

Nicolas Traino (avec J.A.)