RMC

Canicule: pourquoi les fortes chaleurs ralentissent notre cerveau?

Alors que nous arrivons au pic de la canicule ce vendredi, certains se trouvent ramollis par la chaleur étouffante. Et ce n'est pas qu'une impression, notre cerveau subit.

Les vagues de chaleur se multiplient en France cet été, et de nombreuses se sentent plus fatiguées au fur et à mesure que le mercure grimpe. Et ce n'est pas qu'une impression. La science nous éclaire maintenant sur les effets de la chaleur sur les performances de notre cerveau. Une étude relayée par Franceinfo, a été menée en Iran sur des ouvriers de la pétrochimie travaillant toute la journée devant un four. Résultat: plus les heures passaient, plus la température du corps augmentait, et plus les ouvriers commettaient des erreurs, des omissions, et voyaient leurs prises de décisions altérées, avec parfois des accidents à la clé.

Les scientifiques expliquent qu’il s’agit d’un stress thermique, qui peut diminuer la mémoire, le stockage et le traitement de l’information: autrement dit, notre cerveau fonctionne toujours, et heureusement, mais beaucoup plus lentement, avec des capacités cognitives réduites.

Dormir dans une chambre trop chaude: 13% de performance en moins

Des données qui sont chiffrables, grâce à une autre étude, menée cette fois-ci sur des étudiants de l’université de Boston, aux Etats-Unis. Les scientifiques ont fait dormir certains étudiants dans un immeuble non-climatisé, où la température nocturne restait supérieure à 26 degrés, et d’autres dans un immeuble climatisé à 21 degrés.

Les deux groupes ont été soumis à des tests arithmétiques basiques, et ceux ayant dormi dans une chambre trop chaude ont vu leur performance diminuer de 13%. Donc la chaleur perturbe notre cerveau, au même titre que la peur ou une douleur chronique. Un ralentissement de 13% qui empêche donc parfois de mobiliser ses facultés, même pour réaliser des tâches très simples.

Quelles solutions pour essayer de limiter ce phénomène?

Une seule: l’hydratation ! Le corps a besoin de 2 litres d’eau par jour pendant les fortes chaleurs pour bien fonctionner. Si vous buvez suffisamment, l’effet de la chaleur sur votre concentration devrait être quelque peu réduit.

Si on va plus loin, l’idéal serait évidemment de repenser nos logements, les bâtiments, nos lieux de travail, pour s’adapter au changement climatique, et créer dans nos villes encore plus d’îlots de fraîcheur. Il y a encore du travail ! Car avec l’augmentation du nombre de vagues de chaleur, les cerveaux "lents" vont se multiplier, et pas seulement dans le ciel. Selon les chercheurs, la température idéale pour le corps humain serait de 22 degrés, la température qui nous rendrait les plus heureux.

Anthony Kaczmarek