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Covid-19: des gendarmes s'élèvent contre l'obligation vaccinale à laquelle ils doivent désormais se soumettre

Même si la majorité des militaires sont déjà vaccinés, certains tentent de s'opposer à cette obligation.

Les gendarmes sont désormais dans l'obligation de se faire vacciner avant le 15 septembre. Alors que la question n'avait pas encore été tranchée par la direction générale de la gendarmerie, une note datée de mardi vient de rendre cette vaccination obligatoire effective.

Les gendarmes concernés par l'obligation vaccinale sont "les personnels militaires, d'active et de réserve, en missions de sécurité publique, de sécurité routière, de maintien de l'ordre, de police judiciaire et d'accueil ou effectuant des services au contact du public ou de personnes extérieures à la Gendarmerie", liste une note de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), datée de mardi.

Et à peine l'instruction donnée que certains gendarmes et leurs proches s'opposent déjà à cette vaccination obligatoire qui doit concerner autant les agents de terrain que ceux au contact du public. Car même si la majorité des militaires sont déjà vaccinés, des opposants demeurent dans les rangs des militaires.

Le flou sur d'éventuelles sanctions

Au sein du collectif "Gendarmes Libres", ces opposants souhaitent multiplier les recours en justice contre l'obligation vaccinale. David Guyon, leur avocat l'explique: les gendarmes, qui sont militaires, craignent d'être durement sanctionnés en cas de refus:

"Si un refus entraîne des conséquences aussi graves que la radiation et des sanctions disciplinaires, alors dans ce cas là il n'y a plus de liberté et un sentiment de résignation, celui de se soumettre encore une fois à un ordre. Il y aussi le sentiment d'être un peu les cobayes d'une politique sanitaire qui ne sait pas où elle va".

L'avocat pointe également le peu de temps laissé aux gendarmes, moins d'un mois pour se faire vacciner avant le 15 septembre.

"On est militaires. Pour aller en outre-mer ou à l'étranger on était obligés de se faire vacciner. C'est donc la suite logique des choses, ça ne va pas révolutionner notre manière de faire", tempère de son côté Frédéric Le Louette, président de l'association GendXXI. "On aurait préféré que la vaccination reste un choix individuel". Concernant les sanctions, il explique que les gendarmes pourraient avoir des "inaptitudes", avant d'éventuelles "conséquences disciplinaires", de "la petite sanction" à l'exclusion.

Une inégalité de traitement par rapport aux policiers?

Enfin, les militaires du collectif "Gendarmes Libres" ne comprennent pas l'inégalité de traitement vis-à-vis de leur collègues policiers, qui eux ne sont pas soumis à l'obligation vaccinale mais seulement fortement incités à le faire.

"Il conviendra de s'assurer que l'ensemble des facilités, y compris horaires, est accordé aux agents pour (...) bénéficier" de la vaccination, écrit de son côté le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, dans un télégramme également daté de mardi.

Cette incitation à la vaccination a été rappelée par le ministre de l'Intérieur aux syndicats de police réunis lundi en audioconférence, selon son entourage. Gérald Darmanin leur a confirmé que l'obligation vaccinale n'était pas prévue à ce stade, mais que cela pouvait évoluer. "Cette annonce est liée au taux très élevé de vaccination dans les rangs de la Police nationale, supérieur à la moyenne nationale", avait réagi dans un communiqué le syndicat Unsa-Police.

L'obligation vaccinale, annoncée le 12 juillet par le président Emmanuel Macron pour contrer la forte reprise de l'épidémie de Covid-19, concerne les personnels soignants et non soignants des hôpitaux et maisons de retraite, les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile, ainsi que les pompiers ou les ambulanciers. 

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Maxime Levy (avec Guillaume Dussourt)