RMC

Covid-19: "Il faut vraiment faire tester les enfants", l'appel du pédiatre Robert Cohen sur RMC

Selon les dernières données disponibles, il y avait 320.285 tests Covid proposés sur la semaine de 15 au 22 mars pour les élèves et personnels, seulement 200.404 tests réalisés.

Les familles sont invitées à faire tester leurs enfants. C'est l'appel qu'a lancé le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, vendredi dernier. 

Pour ces tests, certaines écoles sont choisies de façon aléatoire par les services du ministère, les autres sont ciblées par les agences régionales de santé et les rectorats. Une fois le signalement effectué, les personnels de l’éducation nationale sont envoyés sur place pour réaliser les tests et les transmettre aux laboratoires qui les analysent…

Mais même les services de Jean-Michel Blanquer le reconnaissent, "tout cela prend plus de tempos dans les faits que sur le papier puisque les professionnels de santé peuvent être mobilisés ailleurs et que les laboratoires peuvent être saturés". De leur côté, plusieurs proviseurs de lycée ou directeurs d’écoles ont déjà regretté que les tests arrivent bien trop tard, une fois que la classe a fermé, ou après qu’un élève positif en a contaminé d’autres… 

La méthode de dépistage est également critiquée: les tests salivaires, simples et rapides, sont réservés en priorité aux élèves de maternelle et d’élémentaires, puisqu’ils sont beaucoup moins effrayants que les prélèvements nasaux. Environ 300.000 de ces tests doivent être effectués par semaine. Quant aux collèges et aux lycées, ce sont les antigéniques qui sont privilégiés, avec un écouvillon dans le nez, mais ils ne sont pas obligatoires et beaucoup d’élèves refusent de s’y soumettre. Le taux d’acceptation est faible, à peine 20%. 

>> A LIRE AUSSI - Ecoles fermées: des arrêts de travail pour garder les enfants, comment ça marche?

Devant les grilles de l'école, Jessica attend que ses enfants rentrent en classe. Son fils Isaac, 8 ans, a eu des symptômes préoccupants ces derniers jours, mais pas question de le faire tester.

“Récemment, on m’a dit qu’il a eu mal à la tête, j’ai eu peur. Je ne lui ai pas fait faire le test, mais oui ça fait peur. Il ne veut pas, je ne vais pas forcer mon fils à mettre le truc dans le nez. S’ils ont des autres tests oui, mais pas dans le nez”, affirme cette maman.

Et son cas ne fait pas exception. Stéphanie non plus n'a pas fait tester ses trois filles. Elle n'y est pourtant pas opposée. Mais elle regrette que dans l'école, aucun test salivaire n'ait eu lieu. “En Seine-Saint-Denis, on aurait dû recevoir des tests salivaires, mais on a toujours rien. Surtout, ici, en ce moment, je crois qu’on a vraiment besoin d’une fermeture”, assure-t-elle.

La nécessité de fermer les écoles?

Mais pour le pédiatre, Robert Cohen, il ne faut pas hésiter à faire tester son enfant. 

“Je crois qu’il faut vraiment faire tester les enfants. Quand ils sont testés en salivaire, ce n’est vraiment pas douloureux. Ensuite, il faut savoir que même quand on les teste par voie nasale, quand c’est bien fait, ce n’est pas douloureux. 
Et puis on arrêtera l’épidémie qu’en testant et en isolant à la fois les adultes et les enfants. On n’a pas d’autre choix que de le faire au stade où on en est de l’épidémie. Il faut bien comprendre que cette maladie demande à ce qu’on s’adapte au fur et à mesure. Là, nous sommes à un point critique donc il ne faut pas hésiter à le faire”, insiste-t-il.

Pour l'instant, les écoles restent ouvertes et Catherine Da Silva, directrice d'un groupe scolaire à Saint-Denis, incite les familles à réaliser des tests dès que nécessaire.

“C’est vrai que c’est compliqué pour certaines familles, mais ça reste vraiment minoritaire et à la marge. Après, je suis obligé de le dire que s’il est cas contact dans la famille il prend sept jours de plus donc c’est beaucoup”, appuie-t-elle.

Pour Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président de l'UDI, ce n'est pas aux parents de porter la responsabilité des tests. 

“Qu’on arrête de dire que c’est aux familles de faire le boulot, elles le font. Qu’on aille dans les pharmacies, vous verrez qu’elles se testent. Mais ce n’est pas elles qui peuvent prendre la décision que les écoles ferment. Ca, c’est de la responsabilité du président de la République”, confie-t-il.

Le député a d'ailleurs écrit hier au président de la République pour réclamer la fermeture des écoles. 

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours