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Covid: faut-il dédommager les stations de ski habituellement remplies d'Anglais?

Les Britanniques ne seront pas à la montagne cet hiver et restent confinés à leurs frontières, sauf motif impérieux. Certaines stations françaises qui comptaient sur leurs livres sterling sont très inquiètes.

Les Anglais vont manquer, pour ce Noël, à l'écosystème de nombreuses stations de ski. Depuis samedi, les frontières françaises sont fermées pour les habitants du Royaume-Uni qui ne disposent pas d'un motif impérieux, y compris ceux qui sont vaccinés, afin de freiner la propagation du variant Omicron.

Plusieurs centaines de milliers de Britanniques sont donc privés de vacances en France pour les fêtes. Un impact qui se fait sentir dans les stations de ski où ils sont parfois nombreux à venir profiter de la neige.

Le début de saison était trop beau pour être vrai, répètent les professionnels de Tignes, de Méribel, de l'Alpe-d'Huez, ces stations dites "anglaises" où un tiers de la clientèle en moyenne est britannique. Et donc absente pour ce Noël.

Une clientèle qui dépense plus et qui vient remplir les stations en janvier quand les Français retournent au travail

Bruno Pideil, hôtelier, restaurateur et maire de Brides-les-Bains, est pris au dépourvu :

"Entre 20-25 chambres sont tombées d'un coup. Le personnel a déjà été recruté. Les stocks ont été achetés... C'est sûr que la rentabilité n'est pas au rendez-vous. Ce qui m'inquiète beaucoup c'est de pouvoir maintenir l'emploi aujourd'hui."

Certains tour-opérateurs à Val d'Isère travaillent en exclusivité avec des Britanniques. Ils se retrouvent sur la touche. Un manque à gagner qui concerne tous les commerçants qui ont besoin de cette clientèle qui dépense plus, et qui vient remplir les stations en janvier quand les Français retournent au travail.

"Vous pouvez faire ce que vous voulez en communication, en promotions... On ne peut pas compenser"

Cette poignée de stations doit être aidée, plaide Jean-Luc Boch, représentant des stations françaises:

"C'est plusieurs dizaines de milliers de personnes qui annulent. Malheureusement, vous pouvez faire ce que vous voulez en communication, en promotions... On ne peut pas compenser en quelques jours ce qui a été organisé pendant des mois. Il est très dur de ne pas être inquiet."

Il négocie actuellement des compensations avec le gouvernement. Une nouvelle réunion d'urgence doit se tenir dans la semaine alors que les sénateurs de Savoie réclament des "mesures urgentes" dans une lettre envoyée ce week-end au ministre du Tourisme. 

Nicolas Traino (édité par J.A.)