RMC

Fin de vie: un médecin raconte pourquoi il a aidé des patients à mourir

Alors qu'Emmanuel Macron laisse entendre être favorable à l'euthanasie, un médecin français raconte à RMC avoir aidé plusieurs patients à mourir, au mépris de la loi. Mais la question divise dans le milieu médical.

C'est le retour du débat sur la fin de vie. Le comité consultatif national d'éthique vient , ce mardi, d'estimer possible une aide active à mourir mais strictement encadrée, au moment où Emmanuel Macron veut relancer le débat et pousse pour une nouvelle loi.

Chez les médecins, le débat sur la fin de vie est encore un sujet tabou. Mais certains n'ont pas attendu d'avoir le droit d'euthanasier. Pendant 40 ans, Denis Labayle, ancien chef de service en gastro-entérologie, a aidé des patients à mourir, en leur administrant de puissantes doses de morphine ou de sédatifs. Des pratiques interdites par la loi.

"Aider le patient de sa naissance jusqu'à sa mort"

Mais ce médecin, aujourd'hui à la retraite, reste convaincu d'avoir respecté son engagement vis-à-vis de ces patients en fin de vie: "Personnellement, on a l'impression d'avoir joué son rôle de médecin jusqu'au bout, de ne pas s'être déchargé du problème. Le médecin doit aider le patient de sa naissance jusqu'à sa mort".

Cette pratique porte un nom, "l'aide active à mourir". En France, seule la "sédation profonde et continue" est autorisée, avec un arrêt progressif des soins pour les patients en fin de vie qui le demandent.

"Ça va nous rendre dingue"

Pourtant, entre arrêter des soins et provoquer la mort, il y a une frontière que certains soignants ne sont pas prêt à franchir. Anne de La Tour, membre de Société Française de Soins et d'Accompagnement palliatif, redoute la confusion des genres chez les soignants: "Cela va nous diviser nous. La même personne qui à la fois soigne et de temps en temps pourrait donner la mort, ça va nous rendre dingue".

Cette professionnelle ne se dit pas opposée à l'idée d'une convention citoyenne, mais espère surtout que le débat soit apaisé et équilibré.

De son côté, Emmanuel Macron se dit "plutôt à l'aise avec le modèle belge". Alors si la nouvelle loi s'en inspire, le médecin serait autorisé à injecter un produit létal à un patient touché d'une maladie grave et incurable, sur sa demande ou celle de sa famille.

G.D.