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Fin du Moi(s) sans tabac: "J'ai fait beaucoup de rêves où je voyais des cigarettes voler devant moi"

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L'opération Moi(s) sans tabac prend fin ce mercredi soir. Laurent, 48 ans, gros fumeur, a tenu bon et même s'il a eu des passages difficiles, est motivé pour que le mois sans tabac se transforment en années sans tabac.

"Ça fait un moment que je voulais arrêter de fumer. Je fume 30 cigarettes par jour à peu près depuis l'âge de 18 ans, j'en ai 48. Le matin je tousse comme pas possible, j'ai mal à la gorge, ma femme me disait 'ce n'est pas possible tu vas claquer'. Et financièrement c'était de plus en plus difficile. 9,75 euros par jour, pratiquement 300 euros par mois.

Donc j'en ai eu marre et j'ai entendu parler du Moi(s) sans tabac et je me suis dit que c'était la bonne occasion de réessayer d'arrêter. J'avais déjà essayé plusieurs fois mais je n'ai jamais réussi.

Le problème de mon métier de routier c'est que je suis dans mon camion tout seul donc il n'y a rien qui nous empêche de fumer. Quand on est dans un bureau, vous êtes obligé de vous absenter pour aller fumer, tandis que dans votre camion vous pouvez fumer sans déranger personne.

Là, après un mois d'arrêt, je me sens mieux, je n'ai plus à courir après un bureau de tabac. Le soir, je comptais les cigarettes qui me restaient pour être sûr d'en avoir assez. Si je voyais que je n'avais pas assez de cigarettes pour la soirée, j'allais vite m'en racheter un paquet. Le dimanche, il faut prévoir pour toute la journée et pour le lundi matin.

"Je me réveillais la nuit pour fumer"

Je me réveillais la nuit pour fumer, c'était devenu grave. Aujourd'hui, la nuit, c'est terrible je vois des cigarettes qui volent devant moi. Et des fois je me réveille en me disant inconsciemment que je vais aller fumer une cigarette. Ça va mieux maintenant mais la deuxième et troisième semaine je faisais des rêves où je fumais.

Ça a été super dur vendredi, j'ai oublié de mettre mon patch le jeudi soir. J'étais persuadé d'avoir un patch, mais la journée de vendredi, je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. La cigarette me manquait à un point, c'était incroyable. J'ai réalisé que c'était vraiment une drogue, y'a pas à tortiller. Je n'aurais pas pu tenir sans patch, j'aurais été mal, j'avais l'impression d'avoir le ventre retourné. Je ne pensais qu'à une chose, fumer, fumer. Je n'ai pas craqué, je ne voulais pas. Je me suis dit 'punaise je vais arriver à la fin du mois, ce n'est pas maintenant que je vais reprendre'. Je me suis battu. J'ai dû manger deux boites de chewing-gums complètes!

"Je ne veux pas que ça s'arrête demain"

Je suis motivé pour continuer. Je ne veux pas que ça s'arrête demain, je ne suis pas parti pour ne faire ça qu'un mois. Je mets tout en place pour que ça marche. Du coup j'ai fait une boite où je mets l'argent que je ne dépense pas pour des cigarettes, ce sera pour les vacances. Il y a une boite pour les vacances d'été et une boite pour les vacances de Pâques. J'ai peut-être l'air idiot avec mes boites mais ça ne fait rien. Il faut se mettre des objectifs. Je me dis que le fait de ne pas fumer me sert à faire d'autres choses. Donc pour moi c'est super motivant. Je me dis que si je reprends la cigarette c'est mort, on ne peut pas y aller.

J'ai 3 filles qui sont après moi pour que j'arrête, on leur a déjà enseigné les méfaits du tabac. La dernière a 5 ans et elle est venue me voir en me disant que si je n'arrêtais pas de fumer j'aurais les poumons tout noirs.

Pour moi c'est un mois réussi mais je veux que ce soit des années réussies. S'il n'y avait pas eu le Moi(s) sans tabac je n'aurais peut-être pas arrêté".

Propos recueillis par Paulina Benavente