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Moi(s) sans tabac: Plus on tente un arrêt, plus on risque de s'arrêter pour de bon

TEMOIGNAGES - Ce jeudi matin, Marisol Touraine, ministre de la Santé, présente l'opération "Moi(s) sans tabac" qui va débuter le 1er novembre. Il s'agit d'une grande campagne de sensibilisation afin de motiver les Français à arrêter de fumer. Une idée plutôt bien reçue par les principaux concernés.

Fumeurs, seriez-vous prêt à passer 30 jours sans fumer? Si oui, cela multiplierait vos chances d'arrêter définitivement par cinq. Ce jeudi, la ministre de la Santé Marisol Touraine présente le "Moi(s) sans tabac", une grande campagne de sensibilisation pour inciter les fumeurs à arrêter et qui a pour slogan "En novembre, on arrête ensemble". L'idée pour les autorités est de créer un élan collectif et moderne, pour motiver le plus de fumeurs possible à se lancer dans ce challenge. Une idée qui séduit les fumeurs interrogés par RMC. Car, tous l’avoue, il est plus facile d’arrêter la cigarette à plusieurs, quand il y a un challenge à relever.

C'est le cas pour Léo, par exemple, qui a tenté plusieurs fois d’arrêter de fumer. La fois où ça a le mieux fonctionné, c’était grâce à un défi commun avec sa petite amie. "Avec quelqu'un d'autre, ça m'a semblé plus facile que tout seul parce qu'il y avait un certain challenge dû à l'attachement que j'avais pour la personne avec qui j'ai fait ce défi, explique-t-il. Il y avait aussi une certaine responsabilité. Du coup, j'avais une motivation supplémentaire pour arrêter en plus de mon hygiène de vie que je voulais améliorer".

"Au bout de quelques jours, la dépendance va décliner"

Se motiver à plusieurs pour stopper la cigarette est une méthode efficace assure le psychologue Arnaud Buffa, spécialiste des addictions. "L'adhésion, l'engagement vis-à-vis d'une personne ou d'un groupe marque toujours la personne, la responsabilise par rapport à ce groupe, analyse-t-il. Quelque part, cela va interroger l'estime de lui-même. Il va se dire qu'il s'est engagé et qu'il doit aller au bout. Et l'engagement sur une période peut être intéressant car à partir d'un certain nombre de jours ou de semaines, la dépendance va pouvoir décliner. La personne prendra alors confiance quant à la possibilité d'avancer dans la vie, détaché du tabac".

"Le mois sans tabac est utile pour un certain nombre de fumeurs qui auront un déclic, confirme Christian Chevalier, tabacologue et président de l'association francophone des diplômés et étudiants en tabacologie. Plus on tente un arrêt, plus on risque de s'arrêter pour de bon. Essayer est la bonne chose à faire". A noter que cette expérience du mois sans tabac a déjà été tentée en Grande-Bretagne en 2012. La première année, les tentatives d'arrêt du tabac avait été multipliées par deux.

M.R avec Anaïs Denet