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"Je vais être malheureuse, c’est sûr": pourquoi le pass vaccinal pour les 12-16 ans inquiète

Avec l'entrée en vigueur du pass vaccinal pour les 12-16 pour des activités comme le cinéma ou le restaurant en famille, des familles craignent une perte du lien social chez leurs enfants.

Après trois jours de débats houleux, les députés ont voté la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal. Le gouvernement souhaitait le faire appliquer dès l'âge de 12 ans. Finalement, ce sera à partir de 16 ans. Sauf que si les 12-16 ans pourront accéder aux activités périscolaires sans être vaccinés, puisqu’un test négatif suffit, ils devront cependant avoir leur sésame vaccinal pour tout le reste.

Un test négatif suffira ainsi pour toutes les sorties organisées dans le cadre scolaire, tout comme les cours de musique au conservatoire ou encore les activités et compétitions sportives en club. En revanche, pour toutes les activités familiales ou de loisirs, les enfants et adolescents de 12 à 16 ans devront cette fois être vaccinés. Ils devront également l’être pour aller au restaurant avec leurs parents, pour aller au cinéma entre amis, ou partir en vacances en TGV. Le ministère de la Santé indique que ces règles seront encore précisées après l'entrée en vigueur de la loi.

Plus de vacances au ski... Terminées les sorties au restaurant, cinéma et dans les parcs d’attractions. Jusqu’ici, Lana 13 ans, non-vaccinée, utilisait le pass sanitaire. Désormais proscrit pour toutes ces sorties, la collégienne voit venir la solitude.

“Pour l’instant, je me sens heureuse, mais je sais qu’après je me sentirai mal parce que je vais tout perdre comme mes activités, mes amis, tout ce que j’aime faire. Je vais être malheureuse, ça c’est sûr”, confie-t-elle.

De fortes hésitations chez les parents

L’isolement, c’est la grande crainte de Patricia, maman et enseignante, inquiète des restrictions fixées par le gouvernement pour les 12-16 ans non vaccinés. “Ce qui est important dans la société, c’est l’accès à la différence, les rencontres et le fait justement de rester enfermé entre-soi, ça empêche justement la construction de la personnalité et de l’individu”, explique-t-elle.

D’autres mères comme Maria ont eu peur de voir leurs enfants mis à l’écart. Elle a finalement décidé de faire vacciner son fils, mais elle hésite encore pour sa fille bientôt âgée de 12 ans.

“Il fait beaucoup de sport donc c’est une obligation pour lui. Mais pour ma fille, on se pose beaucoup de questions. Si vraiment, on n’a pas le choix, comme pour son frère, on le fera, mais je préfère ne même pas y penser pour l’instant”, assure-t-elle.

Ces nouvelles règles entreront en vigueur au 15 janvier, espère le gouvernement. 

Antoine Martin avec Guillaume Descours