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Le secteur de l'habillement neuf en crise: la vente en seconde main va-t-elle continuer de s'envoler?

Le secteur de l'habillement est en pleine mutation. Alors que le neuf est chute libre, le seconde main cartonne, une tendance accélérée encore plus par le confinement.

Clap de fin pour l'enseigne d'habillement Tati. Son emblématique magasin de Barbès à Paris, ouvert depuis 1948, va fermer. Victime coup sur coup des grèves puis de confinement, les ventes ont chuté de 60% entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020 selon le directeur général délégué du groupe GPG qui avait repris l'enseigne en 2017.

Ce magasin situé dans le 18e arrondissement de la capitale devait être le dernier de la marque, les autres magasins ayant été repris, ou devait l'être, par d'autres enseignes.

Au delà de Tati, c'est tout le secteur du prêt-à-porter vit une grave crise avec la sortie du confinement. Plusieurs autres enseignes historiques sont dans le rouge comme Camaïeu ou André notamment. La Halle aux chaussures est en redressement judiciaire depuis le 2 juin et connaîtra son repreneur ce mercredi. Une vingtaine de candidats se sont proposés pour reprendre partiellement les 830 magasins du groupe.

Le boom de la vente en seconde main

Le secteur est en pleine mutation. Consommateurs et professionnels s'adaptent en privilégiant la vente en seconde main. Ne plus acheter ses vêtements neufs, une tendance qui prend de l'ampleur après le confinement.

Acheter ses vêtements en seconde main, cela arrivait de temps à autre à Héléna, 23 ans. Après 3 mois de confinement, elle veut maintenant prioriser cette méthode de consommation.

"Pour le côté écolo, pour ma conscience... C'est vrai que ne pas sortir et ne pas se prendre toutes les vitrines pendant trois mois ça ne donne pas trop envie d'y retourner."

Alors que le marché du prêt-à-porter neuf fait grise mine, les site Internet de revente de vêtements voient leurs ventes augmenter, comme la plateforme entre particuliers Vestiaire Collective. A la surprise de son directeur Europe, Bertrand Peyrat, les commandes ont doublé pendant le confinement.

"On a eu deux tendances, les consommateurs existants ont commandé plus fréquemment sur la plateforme, mais on a aussi doublé notre pool de nouveaux clients."

"Pendant le confinement on a beaucoup fait le ménage de ses placards"

Mais alors qu'est ce qui motive les français à se tourner vers le marché du vêtement d'occasion ? Le cabinet NellyRodi est spécialisé dans l'analyse du comportement des consommateurs. Vincent Grégoire observe à la loupe les tendances d'achats des français:

"D'un côté il y a une consommation plus vertueuse. Pendant le confinement on a beaucoup fait le ménage de ses placards et en même temps on se rend compte qu'avec de la seconde main il y a des choses de bonne qualité."

Pour ce spécialiste, cette tendance d'achat perdurera même avec les soldes qui commencent mercredi prochain.

Benjamin Pelsy (avec J.A.)