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"Les autotests seront sans doute le prochain scandale de cette crise": la mise en garde de Martin Blachier sur RMC

Sur RMC, l'épidémiologiste ne comprend pas pourquoi ces autotests ne sont toujours pas autorisés et déployés massivement en France alors que c'est le cas dans de nombreux pays voisins.

Cela fait plusieurs semaines que le corps médical réclamait de nouvelles mesures face à l’épidémie de coronavirus. En effet, le gouvernement avait pris de nouvelles mesures de restriction dans 19 départements, mais celles-ci se sont révélées insuffisantes pour casser la courbe épidémique.

Alors mercredi, le président de la République, Emmanuel Macron a annoncé lors d’une allocution télévisée que les mesures déjà en place en Île-de-France et dans le Nord, notamment, étaient élargies à tous les pays. Seule mesure inédite, la fermeture des écoles.

"Ce n’est pas une semaine de fermeture des écoles qui va changer la courbe"

“Les mesures qu’a annoncées Emmanuel Macron hier, c’est un peu le prolongement des mesures qui étaient déjà en cours. On étend les mesures qui étaient déjà présentes en Île-de-France au reste du pays. Ce qui montre qu’on a quand même confiance dans les mesures qui avaient été prises. Après, est-ce qu’il fallait fermer les écoles, moi, je ne le pense pas. Je crois que c’est un choix qui est essentiellement politique. 
En fait, ils ont fermé les écoles eux-mêmes avec deux règles: dès qu’il y a un cas dans une classe, on ferme les classes et en même temps, on dépiste largement les classes. Donc, quelque part, on écrit la fermeture des écoles. Ils se sont pris les pieds dans le tapis et aujourd’hui ils sont obligés de fermer les écoles, mais sur le fond la stratégie reste la même. Ce n’est pas une semaine de fermeture des écoles en plus des vacances qui va changer drastiquement la courbe de l’épidémie”, estime l’épidémiologiste Martin Blachier.

L'épidémie en recul?

Lui dit constater un ralentissement de l’épidémie en Île-de-France depuis quelques jours, alors que les écoles n’étaient pas fermées. Malgré tout, il ne minimise pas la situation actuelle notamment dans les hôpitaux.

“L’épidémie est en train de freiner en Île-de-France, on a une inflexion de la courbe hospitalisation-urgence, hospitalisation-après urgence, et même le taux de positivité commence à infléchir. Mais la baignoire est bien bien pleine. Il reste encore des lits, mais pas beaucoup. On a encore une marge avec les déprogrammations. Cela peut passer, mais c’est une situation très tendue, va rester tendue”, assure-t-il.

S’il se montre donc sceptique sur la fermeture des écoles, il dénonce l’attitude du gouvernement sur la question des autotests qui ne sont toujours pas autorisés en France.

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Derrière les autotests, un lobby?

“Les autotests seront sans doute le prochain scandale de cette crise. On est en train de refaire un scandale du masque avec ces autotests. C’est bloqué pour de mauvaises raisons comme des histoires de lobbying. Pourtant, on est un des pays au monde qui en ont le plus besoin puisqu’à la différence des Anglais, des Américains ou des Israéliens, on est en retard sur la vaccination. Sans ces autotests, ils ne pourront pas rouvrir comme ils l’ont promis pour mai”, prévient-il.
Guillaume Descours